Tournée du ministre dÉtat à lÉducation et à la Jeunesse
« Se mobiliser pour lutter contre le décrochage scolaire »
François Legault
LÉtang-du-Nord, le 9 juin 2001. Le ministre d'État à l'Éducation et à la Jeunesse, M. François Legault, poursuit aujourdhui aux Îles-de-la-Madeleine sa tournée des régions du Québec afin de présenter les moyens mis en place pour favoriser la réussite scolaire.
« Léducation ne laisse personne indifférent. La population souhaite que les enfants aient accès à une éducation de qualité. Une société, un pays, une nation qui croit dans son avenir doit miser sur léducation. En fait, léducation, ce nest pas une dépense, cest un investissement dans lavenir », a déclaré le ministre en s'adressant aux principaux acteurs du milieu scolaire de la région.
Notons que, au Québec le taux de redoublement des enfants au primaire est de 23 p. 100. « Cest inacceptable, surtout si lon tient compte du fait que 70 p. 100 des enfants qui redoublent au primaire finissent par décrocher au secondaire », a poursuivi le ministre.
Au secondaire aussi, les chiffres sont alarmants. En effet, 32 p. 100 des jeunes décrochent dans le secteur public du secondaire, soit un enfant sur trois. Voilà pourquoi le gouvernement a demandé aux écoles de se donner des plans de réussite, afin quelles se fixent des objectifs et adoptent des moyens pour résoudre ce problème.
Les écoles du Québec ont dailleurs rivalisé dimagination pour trouver des solutions. Et si les objectifs sont atteints, le taux de redoublement passera de 23 à 12 p. 100 au primaire et le taux de décrochage, de 32 à 21 p. 100 au secondaire.
Les plans de réussite
Le milieu scolaire de la région s'est aussi mobilisé pour élaborer les plans de réussite des écoles et a adopté différents moyens pour atteindre les objectifs visés.
Ainsi, dans la région de la GaspésieÎles-de-la-Madeleine, les commissions scolaires proposent de faire passer le redoublement de 24 p. 100 à 17 p. 100 (de 14 p. 100 à 6 p. 100 aux Îles-de-la-Madeleine) et le décrochage de 33 p. 100 à 28 p. 100 (de 16 p. 100 à 10 p. 100 aux Îles-de-la-Madeleine).
« Ces plans de réussite ne sont pas de simples outils de gestion, mais plutôt des moyens daction concrets. En demandant à tous les établissements de préparer ces plans, je voulais que les autorités scolaires, les enseignantes et les enseignants ainsi que les parents se mobilisent pour que chaque école prenne conscience de la qualité de la formation quelle offre », a déclaré le ministre.
Dans les plans de réussite, les moyens proposés sont déterminants. Les différents établissements d'enseignement ont opté notamment pour un suivi individuel des élèves, la valorisation de la réussite en français, en mathématiques et en anglais, la mise en place de projets décole orientante, lajout de services en psychoéducation, lintervention auprès des parents afin de susciter leur collaboration, la création dun journal décole auquel collaboreront tous les élèves et qui fera connaître les réalisations de ceux-ci et, enfin, la mise en place dun système de récupération après la classe.
Dans les centres de formation professionnelle, les mesures adoptées visent à augmenter le nombre délèves en continuité de formation, à soutenir les élèves en difficulté dapprentissage, à accroître le nombre de filles dans les métiers traditionnellement exercés par des hommes, à former le personnel enseignant aux nouvelles approches technologiques et pédagogiques, à favoriser les changements de mentalité, et, ainsi, à encourager davantage les parents à soutenir la formation professionnelle de leur enfant, à consolider et à resserrer les liens avec les entreprises sur la base de partenariats.
La réforme de l'éducation
Dans la région de la GaspésieÎles-de-la-Madeleine, limplantation du nouveau curriculum mobilise à divers degrés les différentes catégories de personnel scolaire qui sassocient pour la diriger et organiser des activités qui dépassent les frontières de chaque commission scolaire. En effet, lallocation de 20 000 $ dont dispose la région a permis la formation dune équipe chargée de lapproche de lapprentissage par projets et l'utilisation du portfolio. De plus, les interventions de la directrice et dune enseignante de lécole ciblée dans chacune des commissions scolaires, à l'occasion de colloques locaux ou de sessions de formation, ont contribué à soutenir la mise en place de la réforme.
« Cette réforme est au fond un exercice de resserrement de la qualité. Ce que souhaite le gouvernement, cest un retour aux matières de base, un renforcement des exigences, une nouvelle façon de transmettre et dévaluer des compétences essentielles à la nouvelle société du savoir. En fait, nous voulons des écoles plus stimulantes pour nos jeunes », a déclaré M. Legault.
Afin de favoriser limplantation harmonieuse de la réforme, les commissions scolaires de cette région ont organisé un forum pédagogique régional qui a permis à plusieurs participants du milieu scolaire de poursuivre leurs réflexions sur divers aspects de la réforme en cours.
Dans certaines commissions scolaires, différents moyens ont été adoptés pour faciliter la mise en uvre de la réforme. Par exemple, à la Commission scolaire des Îles, un comité de suivi à la réforme, composé des directeurs et directrices décole, denseignants et de la coordonnatrice des services éducatifs, a été constitué pour en assurer le soutien continu.
La réforme simplante progressivement, à des rythmes différents, partout dans la région. Lengagement de chacun et de chacune permettra de transmettre aux jeunes du Québec les connaissances et les compétences qui sont nécessaires dans une société moderne.
« Le succès de lécole, cest le succès de toute une société. Lécole, ce nest pas seulement une affaire de spécialistes, cest un lieu d'apprentissage de la citoyenneté. En fait, léducation de nos jeunes, cest laffaire de toute la communauté », a conclu M. Legault.