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QUÉBEC
LANCE LA PREMIÈRE POLITIQUE GOUVERNEMENTALE D'ÉDUCATION
DES ADULTES ET DE FORMATION CONTINUE
Québec,
le 2 mai 2002. Le
premier ministre du Québec, M. Bernard Landry,
le ministre d'État à l'Éducation et à
l'Emploi, M. Sylvain Simard, et la ministre déléguée
à l'Emploi, Mme Agnès Maltais,
en compagnie de la présidente de la Commission des
partenaires du marché du travail, Mme Léa
Cousineau, ont rendu publics, aujourd'hui, la première
politique gouvernementale d'éducation des adultes et
de formation continue ainsi que le plan d'action qui l'accompagne.
Le gouvernement
affectera, au cours des cinq prochaines années, plus
de 450 millions de dollars à la mise en uvre
du plan d'action qui accompagne la politique. Cet investissement
permettra d'amorcer une série de mesures visant notamment
une augmentation de 33 000 personnes inscrites à
l'éducation des adultes; la promotion de la formation
continue; l'amélioration des services d'accueil et
de référence dans les centres d'éducation
des adultes; le développement d'outils d'évaluation
pour la reconnaissance des acquis; et l'implantation du programme
de prêts pour les études à temps partiel.
Le Fonds national de formation de la main-d'uvre consacrera,
quant à lui, 20 millions à la promotion
de la formation continue et à l'apprentissage en milieu
de travail.
« Apprendre
tout au long de la vie, c'est un droit, bien sûr, mais
c'est aussi une nécessité dans un monde qui
bouge " à la vitesse de la pensée ".
On ne peut maintenant espérer être actif sur
le marché du travail ou dans sa vie sociale en ne comptant
que sur ce qu'on a appris à l'école. Les connaissances
deviennent vite dépassées et il faut les maintenir
à jour. Le plan d'action propose un éventail
de moyens qui permettront aux adultes, peu importe leur situation,
de se perfectionner tout au long de leur vie »,
a indiqué M. Simard.
« Le
gouvernement du Québec a compris l'importance d'une
politique et d'un plan d'action ancrés à la
fois dans les forces vives de l'éducation et dans les
réalités du marché de l'emploi. Les mesures
annoncées permettront au gouvernement et à ses
partenaires du marché du travail de mener une action
vigoureuse sur plusieurs fronts pour rehausser les compétences
des Québécoises et des Québécois »,
a ajouté Mme Maltais.
Une
politique et un plan d'action adaptés aux besoins et
à la réalité des adultes
Issues
d'un large consensus des milieux concernés, les orientations
de la politique garantissent les assises d'une action gouvernementale
efficace (voir synthèse 1).
Adaptées aux besoins et à la réalité
des adultes, ces orientations permettent d'assurer une formation
de base au plus grand nombre de personnes possible, de maintenir
et rehausser le niveau de compétence des adultes, de
valoriser et reconnaître leurs acquis et leurs compétences
et de lever des obstacles à l'accessibilité
et à la persévérance des études.
Quant au plan d'action, il précise aussi le rôle
des partenaires des secteurs de l'éducation et de l'emploi
qui concentreront leurs efforts dans ces champs d'intervention
(voir synthèse 2).
Plusieurs
éléments du plan marquent un virage, un changement
de cap dans les façons de faire, par exemple les mesures
visant la diminution de l'analphabétisme au Québec,
phénomène qui touche des milliers d'adultes
et qui entrave leur participation à la vie démocratique
et l'amélioration de leurs conditions de vie; les mesures
entourant l'accompagnement des personnes de 16 à 24 ans,
sans diplôme, engagées dans des parcours de formation;
ainsi que les mesures de valorisation des compétences
des adultes, acquises en milieu de travail ou scolaire.
Par ailleurs,
un nouveau programme d'apprentissage en milieu de travail
sera implanté. Ce programme permettra à plus
de personnes d'acquérir des compétences selon
l'approche du compagnonnage. Emploi-Québec délivrera
une certification professionnelle obtenue à la suite
de la formation ou d'un processus de reconnaissance des compétences.
« Cette
politique nous assure de pouvoir soutenir tous les adultes
du Québec dans les nouveaux défis que représentent
la société du savoir et les changements technologiques
et sociaux accélérés qui y sont associés.
Les différentes actions entreprises par le gouvernement
du Québec pour lutter contre la pauvreté et
l'exclusion sociale ne pourront avoir d'effets durables que
si les personnes rehaussent et mettent à jour leurs
compétences, en particulier lorsque leur formation
de base est insuffisante. L'accès des adultes au développement
de leurs compétences, tout au long de la vie, est un
atout fondamental pour notre développement économique
collectif. C'est aussi, pour les personnes, la clef de leur
pleine participation à la vie démocratique,
économique, culturelle et sociale du Québec »,
a conclu le premier ministre.
Sources :
Nicolas
Girard
Attaché de presse du ministre d'État à
l'Éducation et à l'Emploi
Téléphone : (418) 644-0664
Isabelle
Gilbert
Attachée
de presse de la ministre déléguée
à l'Emploi
Téléphone : (418) 643-4810
SYNTHÈSE
1
POLITIQUE GOUVERNEMENTALE D'ÉDUCATION DES ADULTES
ET DE FORMATION CONTINUE
|
QUATRE
ORIENTATIONS STRUCTURANTES ET MOBILISATRICES
Sur la base des enjeux en cours, des définitions
et des principes retenus et des préoccupations
qu'elle fait siennes, la présente politique s'articule
autour de quatre grandes orientations reliées
étroitement entre elles et définissant
des priorités d'action :
|
1.
Assurer une formation de base aux adultes
RELEVER LE DÉFI DE LA FORMATION DE BASE, C'EST AGIR :
- pour
lutter contre l'analphabétisme et augmenter le niveau
de formation de base de la population québécoise;
- pour
enrichir le contenu du curriculum de formation de base et
les programmes d'alphabétisation;
- pour
susciter la demande de formation;
- pour
adapter l'offre et la prestation des services en fonction
des besoins et des situations des adultes, des collectivités
et des groupes de la population éprouvant des difficultés
particulières;
- pour
consolider et élargir le partenariat, et travailler
en synergie et en complémentarité;
- pour
soutenir les adultes dans leurs parcours de formation;
- pour
promouvoir et valoriser la pratique d'activités culturelles,
notamment par la fréquentation des bibliothèques;
- pour
prévenir le décrochage scolaire et pour lutter
contre ce phénomène.
2.
Maintenir et rehausser sans cesse le niveau de compétence
des adultes
REHAUSSER LE NIVEAU DE COMPÉTENCE DES ADULTES, C'EST
AGIR :
- auprès
des employeurs et de la main-d'uvre en général
pour les sensibiliser à l'importance du développement
des compétences pour notre avenir collectif;
- pour
assurer l'équité d'accès à la
formation pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs;
- auprès
des petites et moyennes entreprises pour qu'elles soutiennent
encore davantage la formation continue de leur personnel;
- pour
offrir davantage de soutien à la formation dans les
très petites entreprises et aux personnes qui exercent
un travail autonome ou atypique;
- pour
que les établissements d'enseignement disposent des
marges de manuvre nécessaires pour répondre
rapidement et avec souplesse aux besoins régionaux
de la formation de la main-d'uvre;
- pour
faciliter la formation à temps partiel dans le réseau
de l'éducation;
- en
faveur de certains groupes de la population éprouvant
des difficultés additionnelles d'intégration
sociale et professionnelle;
- pour
favoriser le regroupement d'entreprises à des fins
de formation de la main-d'uvre, en particulier dans
un même secteur;
- pour
consolider le programme d'apprentissage en milieu de travail;
- pour
accentuer le caractère qualifiant et transférable
des formations en milieu de travail.
3.
Valoriser les acquis et les compétences par une reconnaissance
officielle
VALORISER ET RECONNAÎTRE LES ACQUIS ET LES COMPÉTENCES,
C'EST AGIR :
- en
faveur de toutes formes de valorisation et de reconnaissance
officielle des efforts de formation continue faits par les
adultes;
- pour
que les dispositifs ayant trait à la reconnaissance
des acquis et des compétences ainsi qu'à la
formation manquante soient plus accessibles;
- pour
mettre en place un système de développement
et de reconnaissance des compétences par le milieu
de travail;
- pour
élaborer des mécanismes de réciprocité
entre les systèmes de reconnaissance;
- pour
clarifier et définir les responsabilités des
différentes autorités responsables de la reconnaissance
des acquis et des compétences;
- pour
soutenir les établissements d'enseignement afin de
mettre en place les services de reconnaissance, notamment
au regard de la formation manquante et de favoriser l'harmonisation
entre les ordres d'enseignement;
- pour
mettre au point des approches de valorisation et de reconnaissance
des acquis à des fins scolaires plus souples et plus
simples, centrées sur les personnes et sur leurs
besoins;
- en
faveur de certains groupes de la population éprouvant
des difficultés particulières, notamment les
personnes immigrantes.
4.
Lever des obstacles à l'accessibilité et à
la persévérance
LEVER DES OBSTACLES À LA FORMATION CONTINUE, C'EST
AGIR :
- pour
consolider les incitatifs gouvernementaux à la formation
continue;
- pour
consolider, moderniser et développer la formation
à distance et en ligne;
- pour
augmenter, améliorer et harmoniser les services d'accueil
et de référence;
- pour
renforcer les services de conseil et d'accompagnement;
- pour
reconnaître légalement les organismes d'action
communautaire autonome uvrant en éducation;
- pour
constituer une banque de données et stimuler la recherche
sur l'éducation et la formation des adultes;
- pour
veiller à la qualité de l'enseignement dispensé
aux adultes;
- pour
assurer le suivi permanent de la politique et du plan d'action
ainsi que la cohérence des interventions en matière
d'éducation des adultes et de formation continue.
SYNTHÈSE
2
PLAN D'ACTION EN MATIÈRE D'ÉDUCATION DES ADULTES
ET DE FORMATION CONTINUE
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TROIS
CHAMPS D'INTERVENTION RASSEMBLEURS
Formation de base Formation continue liée
à l'emploi Reconnaissance des acquis
et des compétences
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Les
résultats visés pour la formation de base :
Entre
2002 et 2007, faire passer progressivement de 230 000
actuellement à 263 000 le nombre de personnes
inscrites annuellement à des activités de
formation de base, ce qui correspond à une augmentation
globale de 33 000 personnes une fois atteint le rythme
de croisière visé.
Les
principales mesures pour la formation de base :
Susciter la demande : promotion et proaction;
Accueillir et accompagner les adultes;
Diversifier et adapter l'offre et les modalités
de la formation;
Accroître le financement pour la formation de base.
Les
résultats visés pour la formation continue liée
à l'emploi :
Accroître
notre effort collectif en faveur de la formation liée
à l'emploi en mettant l'accent sur les mesures
suivantes : équité d'accès pour
les différentes catégories d'entreprises
et de personnel; participation sur le plan de l'investissement
dans la formation parrainée par les employeurs
et sur le plan de la structuration et de l'impact des
activités sur la qualification de la main-d'uvre.
Les
principales mesures pour la formation continue liée
à l'emploi :
Intensification
de la veille stratégique du marché du travail;
Renforcement de la mise en uvre de la « loi
du 1 p. 100 »;
Mise au point des mécanismes de collaboration éducation-emploi;
Ajustement des modalités de formation.
L'objectif
visé pour la reconnaissance des acquis et des compétences :
Mettre
en place un ensemble diversifié de moyens structurants
pour assurer l'accès à des services de reconnaissance
des acquis et des compétences dans chaque région
du Québec.
Les
principales mesures pour la reconnaissance des acquis
et des compétences :
Création d'une table interministérielle;
Affirmation du droit à la reconnaissance des acquis;
Établissement rapide d'un bilan de ses apprentissages;
Certification des compétences acquises en milieu
de travail;
Relance de la reconnaissance des acquis en éducation;
Reconnaissance des acquis scolaires des personnes immigrantes.
En conclusion,
la politique et le plan d'action relatifs à l'apprentissage
tout au long de la vie constituent un jalon déterminant
vers une nécessaire culture de la formation continue.
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