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NOTES POUR L'ALLOCUTION
DE MONSIEUR PIERRE REID,
MINISTRE DE L'ÉDUCATION

À L'OCCASION DU
FORUM D'AUTOMNE
DE L'INSTITUT DE LA FONDATION DE L'ENTREPRENEURSHIP

29 OCTOBRE 2003

HÔTEL PLAZA, QUÉBEC

LA VERSION LUE FAIT FOI


Monsieur le président,
Madame la présidente de la Fédération des associations de parents,
Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui et de participer au lancement des débats et des échanges qui animeront ce forum d'automne.

L'Institut de la Fondation de l'entrepreneurship est un bel exemple d'organisation qui contribue à la mission éducative du Québec. Son rôle de vigie permet de souligner les plus belles réussites en matière d'entrepreneuriat à l'école. Les forums donnent aux directions d'école, aux enseignantes et enseignants, au personnel non enseignant, mais aussi aux parents et aux employeurs la possibilité d'échanger sur les outils et les méthodes propres à ce domaine général de formation.

Je félicite l'Institut pour son beau travail et souhaite que les forums d'automne, tout comme les rendez-vous du printemps, continuent d’alimenter le domaine de l'entrepreneurship, afin que nos jeunes, partout au Québec, de la maternelle à l'université, puissent développer des compétences et des aptitudes entrepreneuriales qui leur seront profitables tout au long de leur vie.

Beaucoup de choses ont changé depuis 20 ans, alors que le terme entrepreneuriat – ou entrepreneurship – faisait son apparition dans notre langage de tous les jours ! Il n’était pas coutume alors de cultiver, dans la formation de base, la flamme de l'entrepreneuriat. Et si l'entrepreneuriat était discuté dans les établissements d'enseignement supérieur, on ne cultivait pas alors systématiquement les capacités des diplômés à faire émerger l'innovation et à s’engager dans une démarche entrepreneuriale.

Oui ! Beaucoup de choses ont changé depuis 20 ans. Il faut en féliciter tous les acteurs qui ont donné beaucoup de leur temps et de leur énergie dans les établissements ou en périphérie. Et il faut dire Bravo ! à l'Institut et à la Fondation, qui ont été les accompagnateurs et bien souvent les moteurs de ces changements. J'y vois un exemple à suivre, un partenariat productif, qui s’inscrit dans les grandes orientations de l’Éducation au Québec, et certainement dans les grandes orientations de notre gouvernement.

Je tiens à souligner la présence des représentants de la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke, dont plusieurs anciens collègues, qui collaborent à la tenue de ce 5e forum d'automne. Leur participation active démontre toute la valeur du partenariat en éducation. Il y a en effet quelque chose de remarquable dans cette participation car elle concerne tout le domaine de l'orientation professionnelle et le rôle du professionnel de l'information et de l'orientation. Les conseillères et conseillers d'orientation et les conseillères et conseillers en information scolaire et professionnelle sont en train de mettre en valeur un champ de compétences dans lequel ils se sentent particulièrement à l’aise. En matière de développement de l'entrepreneuriat dans les écoles, ils peuvent jouer un rôle de premier plan, car ils sont bien placés pour favoriser ce rapprochement essentiel entre le milieu de l'éducation et le milieu du travail.

Félicitations à vous, conseillères et conseillers d'orientation, en information scolaire et professionnelle, en entrepreneuriat : vous êtes aujourd'hui sous les feux de la rampe. En partageant vos responsabilités en matière d'orientation et d'entrepreneuriat avec l'ensemble des intervenants scolaires, notamment les enseignants, vous augmentez considérablement l'efficacité de vos interventions!

Permettez-moi maintenant de m'attarder au domaine général de formation Orientation et entrepreneuriat, qui constitue le thème du forum. J’aimerais que nous nous assurions que nous sommes tous sur la même longueur d'onde par rapport à cette importante composante de la réforme de l'éducation.

Le Programme de formation de l'école québécoise présente cinq domaines généraux de formation : Santé et bien-être, Environnement et consommation, Médias, Vivre-ensemble et citoyenneté et, bien entendu, Orientation et entrepreneuriat. Ces domaines couvrent un ensemble de questions qui se posent aux jeunes. Ils rapprochent les savoirs disciplinaires des préoccupations quotidiennes de l'élève et lui donnent plus de prise sur la réalité. Ces domaines répondent à des attentes sociales importantes en matière d'éducation.

Les problématiques dont ils sont porteurs dépassent le cadre des disciplines. Ce sont, en somme, des lieux de convergence favorisant l'intégration des apprentissages. Ils servent de points d'ancrage au développement des compétences transversales et des compétences disciplinaires. Ils se développent donc par et à travers les autres apprentissages, de sorte que ces derniers correspondent davantage aux situations de la vie courante.

Chacun de ces domaines comporte une intention éducative destinée à orienter les interventions de l'enseignant et celles de tous les autres acteurs scolaires.

Au regard du domaine qui nous préoccupe aujourd'hui, l'intention éducative s'exprime ainsi : « Offrir à l'élève des situations éducatives lui permettant d'entreprendre et de mener à terme des projets orientés vers la réalisation de soi et l'insertion dans la société ».

Outre l'intention éducative qui permet à l'élève d'entreprendre un projet et, ainsi, de se mesurer et d'être en contact avec la réalité, le domaine comporte trois axes de développement qui font référence à des outils, à des stratégies ou à des questionnements qui le caractérisent.

  • Le premier axe de développement, Conscience de soi, de son potentiel et de ses modes d'actualisation, fait référence, chez l'élève, à la connaissance de ses talents, de ses qualités, de ses intérêts et de ses aspirations personnelles et professionnelles : c'est la conscience de ce qu’on est. Il fait aussi référence au sens du travail scolaire, au goût du défi et au sentiment de responsabilité : c'est la conscience de ce qu’on peut faire. Il fait enfin référence à la connaissance des ressources scolaires, des façons d’apprendre et de leurs exigences ainsi que des enjeux liés à la réussite dans les disciplines scolaires : c'est la conscience de ses façons de faire les choses.
  • Le deuxième axe concerne l'appropriation des stratégies liées à un projet. Il se rapporte à la conscience des liens entre la connaissance de soi et les projets d'avenir, à la visualisation de soi dans divers rôles; il permet de situer ses projets d'avenir selon ses champs d’intérêt et ses aptitudes et, enfin, de développer les stratégies associées aux diverses facettes de la réalisation d'un projet.
  • Le troisième axe porte sur la connaissance du monde du travail, des rôles sociaux, des métiers et des professions. Il concerne la nature et les exigences des rôles liés aux responsabilités familiales ou communautaires, aux professions, aux métiers et aux modes de vie. Il fait aussi référence aux produits, biens et services associés aux métiers et professions, aux lieux de travail (usine, commerce, entreprise, etc.), aux fonctions principales et aux conditions d'exercice d'un emploi, aux exigences de la conciliation travail-famille-vie sociale. Il fait référence, en somme, aux exigences du monde du travail d'aujourd'hui.

L'entrepreneuriat est au centre des préoccupations du gouvernement du Québec. L'école orientante, à cet égard, est une approche incontournable pour développer la société de demain. L'entrepreneur est au cœur de la vie sociale et économique du Québec. L’entrepreneur est essentiel à la création et au développement des PME, bien sûr, mais l’entrepreneur au sens large, avec sa capacité d’innovation et de changement, est tout aussi nécessaire au renouvellement et à la re-dynamisation de la main d’œuvre dans la grande entreprise et dans les organisations publiques.

Le ministère de l'Éducation reconnaît l'importance du rapprochement entre l'école et la communauté qu'elle dessert, en particulier parce que ce rapprochement place l'élève au centre des préoccupations de tous les acteurs impliqués dans le processus d'apprentissage. En ce sens, si nos efforts d’orientation et d’entrepreneuriat atteignent leurs objectifs, on peut s’attendre à des effets très positifs sur la réussite, à l’école et dans la vie, des jeunes et des moins jeunes, notamment sur :

  • leur motivation;
  • leurs attitudes face aux changements;
  • leurs compétences dans la prise de décision;
  • leur entrée dans la vie active et la réduction du temps de chômage;
  • leur capacité de faire les meilleurs choix sur le marché du travail;
  • leur qualité de vie.

Et des effets positifs plus généraux, notamment

  • l'adéquation entre l'offre et la demande d'emploi;
  • la diminution du décrochage scolaire et des coûts qu'il engendre;
  • la diminution de la délinquance;
  • la diminution de l'exclusion sociale;
  • l'augmentation de la productivité au travail.

Je rappellerais, à cet égard, la vision de notre gouvernement en matière d'éducation. « Une école réinventée au service de la réussite, c'est une école stimulante, enracinée dans son milieu, où chaque professeur a les ressources pour guider chaque élève vers la connaissance et l'accomplissement ».

L'approche orientante s’harmonise avec cette vision. Le domaine général de formation Orientation et entrepreneuriat, parce qu'il exige la collaboration de plusieurs milieux (éducation, marché du travail, organismes comme l'Institut de la Fondation de l'entrepreneurship), contribue à réinventer l'école au service de la réussite.

Par ailleurs, l'entrepreneuriat est un formidable vecteur de croissance pour notre société. En effet, notre compétitivité et notre survie comme société, en particulier au niveaux de chaque région du Québec, dépend beaucoup des femmes et des hommes qui manifestent leurs capacité d’innovation et leurs qualités entrepreneuriales dans tous les secteurs de l’activité économique. C’est évidemment le cas de celles et ceux qui créent et dirigent nos PME.

Ces gens passionnés sont les artisans d’un grand nombre de nos réussites, parfois exceptionnelles. En favorisant l'émergence d'entrepreneurs, l'école et ses nouveaux partenaires contribuent au développement du Québec de demain. Mais plus encore, chaque région peut ainsi s’assurer, et c’est l’une des grandes priorités de mon ministère, que l’Éducation joue pleinement son rôle dans son développement culturel, social et économique.

Aujourd'hui, vous allez traiter de la complémentarité des rôles des principaux partenaires de l'approche orientante dans le domaine général de formation Orientation et entrepreneuriat. Vous allez entendre des témoignages d'expériences d'entrepreneuriat en milieu scolaire qui ont connu un vif succès.

Puissent les discussions et les témoignages démontrer que la table est bel et bien mise pour nous assurer un système de formation performant, adapté aux problématiques de la société d'aujourd'hui et qui, surtout, place l'élève et l'étudiant au cœur de nos préoccupations!

La synergie qui se développe entre les intervenants et intervenantes en éducation, d'une part, et la communauté autour de l'école, d'autre part, est essentielle pour permettre aux élèves et étudiants de décrocher leurs rêves. Vous pouvez également être assurés que le ministère sera un agent actif dans l'application de cette réforme.

En terminant, à celles et ceux qui se demandent si l'orientation et le partenariat sont des pratiques innovantes – la question thème du forum – je réponds il n’en tient qu’à vous. En effet, je m’attends à retrouver parmi vous les qualités entrepreneuriales, la propension au risque et le sens de l’innovation qui définissent les véritables entrepreneurs. Et je m’attends à ce que vous les mettiez au profit de la réussite de nos jeunes et de nos moins jeunes, car c’est là notre première priorité à toutes et à tous.

Bon forum!

 
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