
Le chapitre
II a indiqué les éléments qu'un curriculum d'études renouvelé doit prendre
en compte. Le chapitre III a précisé les contenus globaux de formation qui
devraient constituer les savoirs essentiels transmis à l'école. C'est sur
ces fondements que nous nous appuyons pour proposer les changements suivants.
| 1. |
LES
CHANGEMENTS PROPOSÉS |
| 1.1 |
Considérant
qu'il faut éliminer les chevauchements et les duplications, considérant que
les cours ne sont pas toujours le moyen le plus approprié pour favoriser des
apprentissages, considérant qu'il y a lieu d'introduire certains savoirs nouveaux,
et considérant enfin que la famille est l'institution la plus apte à transmettre
certaines valeurs et certains apprentissages:
nous recommandons
que certaines matières apparaissant présentement à la grille-matières du
secondaire comme cours obligatoires n'en fassent plus partie comme disciplines
autonomes, mais que leur contenu soit intégré dans d'autres matières ou
que des activités les remplacent ou, enfin, que certains éléments ne fassent
plus partie du curriculum d'études.
|
Ces matières sont:
- la formation personnelle
et sociale;
- l'initiation à la technologie;
- l'éducation au choix
de carrière.
Les enseignantes et les
enseignants, et les élèves eux-mêmes - les uns et les autres sont venus le
dire aux États généraux sur l'éducation - se plaignent des chevauchements.
Ils ont l'impression que les matières se répètent inutilement. Par ailleurs,
certains contenus appartiennent davantage à la famille qu'à l'école.
Les éléments de contenu
du programme de formation personnelle et sociale reconnus essentiels
pour l'école devront notamment s'intégrer, au primaire et au secondaire, aux
programmes d'éducation physique, de sciences et d'éducation à la citoyenneté,
ou encore être intégrés au curriculum à titre de compétences transversales.
Dans le cas de l'écologie,
nous croyons que la préoccupation de l'éducation à l'environnement doit être
envisagée dans le contexte des compétences transversales dès le primaire,
et que certaines de ses dimensions cognitives essentielles fassent partie,
au primaire et au secondaire, des programmes de sciences, de géographie et
d'éducation à la citoyenneté.
Nous croyons que la plupart
des éléments de contenu du programme d'économie familiale, présentement
obligatoire en 2e secondaire, doivent céder la place à d'autres
savoirs. Nous ne contestons pas l'utilité potentielle et la pertinence du
contenu de ce programme. Nous croyons toutefois que la famille est mieux placée
pour le transmettre que l'école, ce qui ne peut être le cas pour les disciplines
que nous avons choisi de privilégier au premier cycle du secondaire, comme
l'histoire, la langue d'enseignement, les mathématiques et les sciences, l'éducation
à la citoyenneté et l'éducation physique et à la santé.
Le cours d'initiation
à la technologie fera partie des trois options offertes en 3e
secondaire. De plus, la nouvelle séquence de sciences au primaire et au premier
cycle du secondaire intégrera dorénavant des savoirs essentiels touchant la
technologie: importance des technologies dans la production économique, connaissance
des applications technologiques et scientifiques et initiation aux nouvelles
technologies de l'information et des communications tout au long des études.
Nous proposons que le
contenu essentiel du cours de biologie humaine, présentement obligatoire
en 3e secondaire, fasse partie de la nouvelle séquence obligatoire
de sciences et technologie du premier cycle du secondaire.
Pour ce qui est de l'éducation
économique de 5e secondaire, son contenu arrive bien tard
dans le cheminement de l'élève. Les différents programmes de sciences humaines
doivent intégrer des éléments d'économie à partir du primaire, et certains
autres éléments devront se retrouver dans un nouveau contenu d'éducation à
la citoyenneté tout au long du secondaire. De façon plus précise, nous recommandons
que les apprentissages essentiels du programme de 5e secondaire
soient intégrés à un programme obligatoire portant sur la connaissance du
monde contemporain.
Nous recommandons enfin
que l'éducation au choix de carrière ne fasse plus partie de la grille-matières
comme cours autonome défini par un programme d'études et que l'information,
l'orientation et l'aide à l'élève dans ses choix relatifs à la carrière s'articulent
dans des activités offertes par l'école qui visent:
- à encadrer l'élève
dans sa démarche d'information et d'orientation;
- à mettre à la disposition
de l'élève les ressources nécessaires à son parcours scolaire, avec un temps
fort tout au long du premier cycle du secondaire.
Nous appuyant sur les
conclusions du rapport Pagé, et afin de mettre en place une «école orientante»,
nous recommandons:
- qu'il soit proposé
à l'élève, dès la première secondaire, de se donner un plan individuel de
formation (PIF) qu'il mettra à jour et complétera tout au long de sa formation.
Un tel plan veut mettre en relief l'orientation que vise tout parcours scolaire
et permettre à l'élève de cerner progressivement ses propres objectifs à
cet égard et de déterminer la voie qui y conduit;
- que soit facilité pour
les élèves le choix de certaines activités d'exploration professionnelle
en 4e et 5e secondaire, à l'intérieur des périodes
réservées aux matières à option, comme le permet l'organisation de l'enseignement
au second cycle du secondaire (voir section 2.4 du présent chapitre);
- que l'information scolaire
et professionnelle soit réellement vécue dans l'école de manière transversale
et que tous les enseignants et toutes les enseignantes apportent leur contribution
et intègrent dans leur enseignement, à l'occasion, des activités d'apprentissage
qui aident l'élève à élargir ses connaissances du marché du travail;
- qu'un centre de documentation
sur les écoles, les carrières et les professions soit mis en place et tenu
à jour et soit accessible en tout temps aux élèves;
- que des rencontres-conseils
soient régulièrement accessibles aux élèves, et ce, dès la fin du premier
cycle du secondaire;
- que des visites d'entreprises
et d'ateliers soient organisées, de même que des conférences à l'école par
des spécialistes des différents métiers.
Nous recommandons
qu'une partie des ressources enseignantes dégagées par l'abolition du cours
obligatoire d'économie familiale et par la réduction du cours d'initiation
à la technologie, cours bénéficiant d'un «encadrement réduit», c'est-à-dire
des groupes d'une vingtaine d'élèves plutôt que la norme générale d'une trentaine,
soit laissée dans les écoles pour prendre en charge, en étroite collaboration
avec l'ensemble du personnel enseignant de l'école et les conseillers et conseillères
d'orientation, les activités qui sont de l'ordre de l'information scolaire
et professionnelle.
| 1.2 |
Concernant
l'organisation des disciplines et leur place dans le curriculum d'études du
primaire et du secondaire, nous recommandons les modifications qui suivent
|
Modifications
concernant le domaine des langues
La langue d'enseignement.
Depuis près de vingt ans, de nombreuses voix se sont élevées pour déplorer
la diminution graduelle du temps consacré à l'enseignement de la langue maternelle,
et du français en particulier, et identifier ainsi une des causes, pas la
seule, il s'en faut, de l'insuffisance du rôle de l'école dans la qualité
des apprentissages en langue d'enseignement. Nous croyons que cette critique
est justifiée, qu'il y a lieu d'y remédier et de concrétiser la prépondérance
accordée à cet enseignement.
Ainsi, nous recommandons
que plus du tiers du temps prescrit soit consacré à la langue d'enseignement,
français ou anglais, au cours des deux premières années du primaire (soit
9 heures sur 23,5 heures) et que le temps indicatif consacré à l'enseignement
du français ou de l'anglais soit maintenu à sept heures par semaine pour la
3e, la 4e, la 5e et la 6e année
du primaire.
De plus, nous
proposons que le nombre d'unités attribuées pour les cours de français,
langue d'enseignement, à chacune des années du premier cycle du secondaire
soit porté de six à huit et que le temps suggéré pour cet enseignement soit
ainsi porté de 17 à 22 p. 100 de la plage horaire. Et, plus important encore,
les enseignants et les enseignantes de français auront conséquemment moins
de groupes, et donc moins d'élèves au total. Ils pourront ainsi faire davantage
écrire leurs élèves et assurer un meilleur suivi aux travaux de chacun d'eux.
Les représentants de la
communauté anglophone que nous avons rencontrés ont fait valoir que, au secondaire,
la situation était différente pour les élèves fréquentant leurs écoles et
qu'ils souhaitaient continuer à consacrer autant de temps au français, langue
seconde qu'à l'anglais, langue d'enseignement. Voilà pourquoi nous
proposons que, pour les écoles anglaises, au premier cycle du secondaire,
le nombre d'unités attribuées pour les cours de langue d'enseignement et de
langue seconde soit de six, dans chaque cas, pour chacune des années.
Les langues secondes
et tierces
- L'anglais,
langue seconde. L'anglais est la langue seconde pour la très grande
majorité des élèves. La plupart des observateurs s'accordent pour reconnaître
que son enseignement, en grande partie à cause de sa place dans le curriculum
général, est déficient. Voilà pourquoi nous recommandons que l'enseignement
de l'anglais, langue seconde, débute, pour tous les élèves, plus tôt au
primaire soit en 3e année plutôt qu'en 4e, que les
expériences d'enseignement intensif, comme cela se fait déjà dans plusieurs
écoles, soient encouragées, et que le régime pédagogique soit amendé pour
permettre l'immersion en langue anglaise au primaire, d'abord sous forme
de projets-pilotes autorisés par la ministre. Nous recommandons aussi que
l'enseignement de l'anglais, langue seconde, continue d'être dispensé jusqu'en
5e secondaire.
- Le français,
langue seconde. Nous recommandons que l'enseignement du français,
langue seconde, continue de débuter en 1re année du primaire
et que le régime pédagogique du primaire soit amendé de façon à reconnaître
officiellement l'immersion comme modalité d'apprentissage de cette langue
et de permettre qu'un programme soit élaboré à cette fin. Au premier cycle
du secondaire, nous proposons de reconnaître une situation de fait qui existe
depuis de nombreuses années et que soient attribuées six unités pour cet
enseignement plutôt que quatre.
- Langues tierces.
Compte tenu du phénomène de l'internationalisation et de la mondialisation,
il est indispensable, comme l'indiquait d'ailleurs le rapport Corbo, que
l'école mette davantage l'accent sur l'apprentissage des langues. Dans ce
contexte, il est souhaitable que les élèves puissent débuter, dès la 3e
secondaire, l'apprentissage d'une troisième langue. Plus de temps pourra
aussi être consacré aux options au second cycle du secondaire et une offre
de services plus large touchant les langues tierces pourra y être favorisée.
Aussi, nous pensons qu'il faut déjà rendre effective, dès la fin du premier
cycle du secondaire, la possibilité de commencer l'étude d'une troisième
langue.
De plus, nous proposons
que les élèves qui satisfont plus tôt que prévu aux obligations de sanction
concernant la langue seconde puissent, plutôt que d'être contraints comme
maintenant à poursuivre l'apprentissage de la langue seconde, débuter l'étude
d'une troisième langue.
Modifications concernant
le domaine de la technologie, des sciences et des mathématiques
- La technologie.
L'éveil au monde et à la culture technologiques par l'étude d'objets techniques
ou des procédés doit se faire dès le primaire et se poursuivre tout au long
du premier cycle du secondaire dans le contexte de compétences transversales,
et doit se manifester particulièrement à l'intérieur des programmes de sciences.
Nous recommandons
que l'initiation à la technologie (construction d'objets ou de montages)
soit une des trois options en 3e secondaire et que les commissions
scolaires soient encouragées à poursuivre l'implantation de la voie technologique.
- Les sciences.
Il y a nécessité de rehausser le contenu de ce qui est offert par l'école
en sciences de la nature, culturellement et scientifiquement.
au primaire, nous
recommandons qu'au premier cycle certains apprentissages en sciences
de la nature soient proposés dans le contexte des compétences transversales
et que l'enseignement plus formel d'un programme de sciences débute en 3e
année. Nous recommandons aussi que des éléments relatifs à l'éducation à
l'environnement et des éléments de technologie soient intégrés au programme
renouvelé de sciences de la nature;
au premier cycle du
secondaire, nous proposons que les cours d'écologie de
1re année, de sciences physiques de 2e année et de
biologie de 3e année ne soient plus considérés comme des cours
autonomes et que l'ensemble de la séquence de l'enseignement des sciences
du premier cycle du secondaire soit réorganisée. Cette réorganisation devra
tenir compte des perspectives de l'enseignement des sciences que nous privilégions
jusqu'à la fin du premier cycle du secondaire: initiation aux démarches
d'esprit propres à la science, appropriation d'un bagage commun de connaissances
scientifiques permettant une meilleure insertion dans le monde contemporain,
présentation des découvertes scientifiques dans leur contexte social.
- Les mathématiques.
Faisant partie des apprentissages «essentiels» tout comme la langue d'enseignement,
les mathématiques doivent occuper une place prépondérante tout au long du
primaire et au premier cycle du secondaire. Aussi, nous proposons
de rééquilibrer la séquence de cours de la 3e et de la 4e secondaire de
telle sorte que soient attribuées six unités à la mathématique en 3e secondaire
et quatre unités au programme de base de la 4e secondaire, et que les programmes
d'études soient ajustés en conséquence de façon à consolider les apprentissages
réalisés par les élèves à chacune des années.
Modifications concernant
le domaine de l'univers social
- L'histoire.
S'il y a une question qui fait l'unanimité dans toute la société québécoise,
c'est celle de l'importance de l'enseignement de l'histoire. Nous
recommandons de remédier aux lacunes actuelles. Au premier cycle
du primaire, nous proposons de déterminer les compétences transversales
les plus susceptibles de s'intégrer aux apprentissages fondamentaux qui
constituent l'essentiel du curriculum de la 1re et de la 2e année. Aux deuxième
et troisième cycles, nous proposons de conserver une place adéquate aux
sciences humaines, et nous recommandons que le cours de sciences humaines
s'appelle désormais Histoire, géographie et éducation à la citoyenneté et
que son contenu soit révisé en conséquence et harmonisé avec le programme
du secondaire.
Au secondaire, nous
recommandons que l'histoire soit enseignée chaque année, en y intégrant
l'éducation à la citoyenneté. Nous suggérons, tel que le recommandait le
rapport Lacoursière, que la nouvelle séquence d'histoire traite d'abord,
en 1re et en 2e, d'histoire générale, puis, en 3e
et en 4e, d'histoire du Québec et du Canada. La révision des
programmes devra favoriser l'harmonisation entre l'histoire et la géographie
En 5e secondaire, nous proposons que l'enseignement de l'histoire
porte sur la connaissance du monde contemporain à l'intérieur d'un programme
qui s'intéresse aussi à la géographie et à l'économie.
- La géographie.
Nous proposons que cet enseignement soit obligatoire de la 3e à la 6e année
du primaire de même qu'en 1re et en 2e secondaire, ainsi qu'en 5e secondaire
à l'intérieur d'un programme intégré portant sur la connaissance du monde
contemporain.
- L'économie.
Nous recommandons que l'éducation économique soit intégrée au contenu des
programmes d'histoire qui s'étaleront de la 1re à la 4e secondaire, et qu'elle
fasse partie du nouveau programme obligatoire de connaissance du monde contemporain
en 5e secondaire.
- L'éducation à la
citoyenneté. En vertu surtout des objectifs de cohésion sociale qui
sont assignés à l'école, nous proposons d'introduire de façon formelle un
enseignement portant sur l'éducation à la citoyenneté. Enseignement notamment
axé sur l'étude des institutions et leur fonctionnement, sur les droits
de la personne, sur les rapports sociaux, sur la compréhension interculturelle
et internationale, l'éducation à la citoyenneté devra s'intégrer, pour une
bonne part, à l'enseignement de l'histoire.
Nous recommandons
que cet enseignement soit d'abord donné au primaire dans le contexte des
compétences transversales à compter de la 1re année, puis comme
apprentissage plus formel dans le programme d'histoire, géographie et éducation
à la citoyenneté et, au secondaire, à l'intérieur du programme d'histoire
et éducation à la citoyenneté.
Modifications concernant
le domaine des arts
Nous recommandons
que l'enseignement des arts continue d'occuper une place prépondérante à l'école,
comme discipline obligatoire, de la maternelle jusqu'à la fin de la 2e secondaire
et comme l'une des trois options offertes en 3e secondaire, puis comme cours
à option au second cycle du secondaire.
Au primaire, dans le but
de mieux cibler les apprentissages à privilégier et de mieux développer collectivement
une véritable culture de l'enseignement des arts, nous proposons que l'enseignement
obligatoire soit principalement centré sur la musique et sur les arts plastiques,
comme cela se fait d'ailleurs dans la plupart des pays du monde. Cette recommandation
ne devrait pas avoir pour effet, toutefois, d'empêcher les écoles qui ont
déjà établi une certaine tradition dans l'enseignement de la danse ou de l'art
dramatique, de la conserver si elles le souhaitent, ni de mettre un terme
aux activités des écoles à vocation artistique particulière. Par ailleurs,
les écoles devraient être attentives à offrir aux élèves des activités extracurriculaires
dans les domaines artistiques, de la danse, et de l'art dramatique en particulier.
Au secondaire, nous recommandons
que les arts constituent un champ formellement obligatoire à chacune des deux
premières années du premier cycle, et qu'ils soient l'une des trois options
en 3e année et que, à moins de contraintes particulières, la musique et les
arts plastiques soient obligatoirement offerts aux élèves; toute école qui
en a la possibilité devrait offrir aussi la danse ou l'art dramatique. De
plus, chaque école devrait être attentive aux besoins d'expression des élèves
dans le domaine des arts et offrir, comme prolongement des activités d'enseignement
de l'école (cours de musique, cours obligatoire de français ou cours à option),
des activités d'interprétation comme la formation d'une harmonie musicale
ou d'un orchestre, ou la représentation de pièces de théâtre, comme cela se
fait déjà d'ailleurs dans plusieurs écoles.
Modifications concernant
le domaine du développement personnel
Nous avons déjà établi
plus haut que toutes les activités de l'école tendent vers le développement
personnel de l'élève. Ainsi, de nombreuses compétences ou attitudes se développent
dans le contexte de l'enseignement de plusieurs disciplines; nous énumérerons
plus loin celles qu'il nous apparaît nécessaire de retenir à titre de compétences
transversales. D'autres, à cause du poids de leur contenu ou parce qu'il convient
de marquer de façon particulière leur présence, figurent de façon autonome
dans les grilles-matières.
- L'éducation physique
et à la santé. Il ne fait pas de doute pour nous que l'éducation physique
et l'éducation à la santé doivent faire partie du menu scolaire à partir
de la première année du primaire et jusqu'à la fin du secondaire. De plus,
nous insistons pour que l'école favorise la mise en place d'activités physiques
et sportives de toutes sortes en dehors du temps prescrit. Le sport doit
être vu comme une opportunité privilégiée pour acquérir des habitudes favorables
à l'égard de l'activité physique et pour développer la socialisation.
- L'enseignement
moral. Nous recommandons que le programme d'enseignement moral continue
d'être dispensé comme alternative à l'enseignement moral et religieux et,
tout en intégrant une partie du contenu du programme actuel d'enseignement
moral, qu'il intègre certains éléments du cours actuel de formation personnelle
et sociale et qu'il présente un enseignement culturel des religions à compter
du début du secondaire.
- L'enseignement
moral et religieux. Considérant le mandat que nous avait confié la
ministre de prendre en considération les règlements des comités confessionnels,
et compte tenu du problème de l'exiguïté du temps prescrit - particulièrement
au primaire -, nous avons demandé aux deux comités confessionnels d'envisager
de diminuer le temps consacré à l'enseignement religieux. Compte tenu de
la réponse reçue de l'un et de l'autre, nous ne pouvons que recommander
le statu quo à cet égard.
| 1.3 |
Nous
recommandons que des compétences transversales soient introduites dans le
curriculum d'études |
Ce que sont les compétences
transversales
Nous entendons par «compétence
transversale» la capacité de transposer dans différents domaines d'activités
un savoir acquis dans un contexte particulier. C'est en raison de cette caractéristique
qu'on qualifie cette compétence de transversale.
Par exemple, être capable
d'établir des liens conceptuels entre des contenus de matières scolaires,
trouver la méthode de travail la plus adaptée à différentes situations d'apprentissage,
intégrer dans ses relations sociales une pratique de l'écoute de l'autre développée
lors d'une activité scolaire sont autant de compétences qui témoignent d'une
application interactive des savoirs acquis.
Le développement de ces
compétences ne relève pas du domaine exclusif de l'enseignement des disciplines.
En fait, elles émergent à la fois d'activités disciplinaires, de celles qui
leur sont complémentaires et aussi d'autres qui s'inscrivent dans une perspective
d'enrichissement de la vie sociale de l'élève.
Ces compétences, dont
on trouvera la liste à l'annexe 3, peuvent être classées en quatre grandes
catégories: compétences intellectuelles, compétences méthodologiques, compétences
liées à la socialisation et compétences du domaine de la langue d'enseignement.
- Compétences intellectuelles.
Il y a lieu, nous l'avons dit, de faire en sorte que l'école outille mieux
l'élève pour l'exercice du travail intellectuel. Toutes les disciplines,
et par conséquent tous les enseignants, doivent contribuer à développer
des compétences qui stimulent et facilitent le travail de l'esprit.
- Compétences méthodologiques.
Un des grands reproches qu'on fait à l'école - et combien de fois l'a-t-on
entendu au cours des États généraux sur l'éducation - c'est de ne pas montrer
aux jeunes à travailler, de négliger les compétences méthodologiques. Tous
les enseignants et toutes les enseignantes dans toutes les disciplines doivent
avoir comme consigne de faire travailler les élèves selon des pratiques
méthodologiques rigoureuses.
- Compétences liées
à la socialisation. L'école doit proposer une éducation «au savoir-vivre
ensemble» et favoriser ainsi la cohésion sociale. Elle doit aussi permettre
à tous les jeunes de trouver leur place dans leur milieu et d'y jouer un
rôle actif. Outre les savoirs à acquérir dans plusieurs disciplines, certains
doivent être présents dans l'ensemble des activités de l'école. Certaines
attitudes et certains comportements sont liés à des valeurs et doivent être
vécus plutôt qu'enseignés. Il faut donner aux élèves des occasions de les
vivre.
- Compétences dans
le domaine de la langue. La maîtrise de la langue doit être une préoccupation
dans toutes les disciplines, et tout le personnel enseignant, dans toutes
les disciplines, doit proposer des apprentissages «langagiers» liés aux
objectifs disciplinaires, ce que les Anglo-saxons appellent literacy
across the curriculum. Les compétences dans le domaine de la langue
doivent donc être considérées à la fois comme disciplinaires et transversales.
Chaque enseignant ou chaque enseignante, dans sa discipline, doit apporter
sa contribution à l'apprentissage de la langue d'enseignement.
L'insertion des compétences
transversales dans le curriculum
Les compétences transversales
que nous retenons pour l'école sont introduites de deux façons:
- une partie des contenus
d'un certain nombre d'entre elles - principalement celles reliées à la socialisation
- sont rattachés à des disciplines. À titre d'exemple, les savoirs nécessaires
au développement d'attitudes positives à l'égard de la protection de l'environnement
et du développement durable sont contenus dans les enseignements des sciences,
de la géographie et de l'éducation à la citoyenneté;
- par ailleurs, l'ensemble
des compétences transversales que nous proposons intéressent toutes les
disciplines. Nous proposons donc qu'elles soient consignées dans un fascicule,
différent pour le primaire et pour le secondaire, le «programme des programmes»,
s'adressant à tous les enseignants et à toutes les enseignantes, ainsi qu'aux
autres professionnels de l'école qui ont une charge éducative auprès des
élèves, de façon à bien indiquer les valeurs promues par l'école québécoise.
| 2.1 |
Un
parcours commun pour tous les élèves |
Le nouvel environnement
proposé pour la formation de base entraîne des conséquences importantes en
ce qui a trait à la détermination des matières qui composeront le programme
de tous les élèves de même que sur l'importance relative des matières dans
ce programme commun.
Comme cela s'observe dans
de nombreux pays, États ou provinces, nous proposons, faisant suite aux conclusions
des États généraux sur l'éducation, une formation de base commune à tous les
élèves qui s'étend, de façon progressive, de la maternelle cinq ans à plein
temps jusqu'à la fin du premier cycle du secondaire (neuvième année).
| a) |
Préscolaire.
L'école propose des activités éducatives qui préparent à entreprendre la scolarisation
véritable en initiant aux apprentissages premiers; il y a lieu d'envisager
qu'à court ou moyen terme la maternelle plein temps cinq ans fasse formellement
partie du premier cycle du primaire. |
| |
|
| b) |
Primaire.
L'école primaire doit permettre à chaque élève de réaliser les apprentissages
de base devant lui permettre d'acquérir progressivement son autonomie intellectuelle
et d'aborder les savoirs qui seront proposés par l'école secondaire. Tout
en acquérant les savoirs de base essentiels, l'élève doit débuter formellement
l'apprentissage des méthodes de travail qui lui seront indispensables pour
ses études ultérieures et commencer à s'initier aux différents éléments de
la culture ainsi qu'aux caractéristiques principales de la société et aux
valeurs qui doivent y être promues.
Tel que le proposait
le Conseil supérieur de l'éducation en 1991 (Une pédagogie pour demain
à l'école primaire), nous recommandons que le primaire
soit découpé en trois cycles de deux ans pour les raisons suivantes: pour
distribuer l'enseignement selon des étapes pluriannuelles qui correspondent
mieux à la psychologie de l'enfant et aux étapes de son développement; pour
permettre d'établir le rythme d'une année d'innovation et d'une année de
consolidation; pour favoriser et encourager la constitution d'équipes restreintes
d'enseignantes et d'enseignants qui suivraient les mêmes élèves durant les
deux années d'un cycle; pour aider l'organisation de l'enseignement dans
les classes multiprogrammes (qui sont de plus en plus nombreuses); pour
faciliter une évaluation de fin de cycle moins tardive rendant ainsi plus
efficaces les mesures de remédiation prises pour contrer le redoublement.
La nécessaire progression
suppose:
- au premier cycle,
la maîtrise des apprentissages fondamentaux, essentiellement axés sur
la langue d'enseignement et les mathématiques, mais aussi sur une première
approche des éléments (l'air, l'eau, etc.), des rythmes temporels et des
éléments spatiaux, des arts, de l'aisance corporelle et des premiers éléments
de la vie civique;
- au deuxième cycle,
le début d'apprentissages plus structurés dans certains domaines du savoir
et la poursuite des apprentissages fondamentaux;
- au troisième cycle,
la consolidation des apprentissages fondamentaux et le début de l'apprentissage
plus structuré de certains savoirs.
|
| c) |
Premier
cycle du secondaire. Le premier cycle, formé des trois premières années
du secondaire, est une période d'approfondissement; il complète la formation
de base commune et il propose des apprentissages plus structurés dans les
différents domaines du savoir pour favoriser l'orientation graduelle des élèves
au second cycle. |
| 2.2 |
La
grille-matières du primaire |
Le temps prescrit
Le temps moyen prescrit
au primaire est de 23,5 heures. Compte tenu du mandat donné à notre groupe
de travail, nous formulons la proposition de grille-matières qui suit. Toutefois,
nous tenons à souligner que le temps consacré à l'enseignement à l'école primaire
au Québec souffre d'un déficit important si l'on compare avec ce qui se fait
ailleurs, où le temps d'enseignement y est généralement de 25 ou 26 heures.
Cette situation est aggravée chez nous par deux contraintes propres au système
éducatif québécois: le temps qui doit être consacré à l'enseignement moral
et religieux, généralement pris en charge par les Églises et les familles
dans les autres pays, et le temps qui est consacré à l'enseignement de la
langue seconde. Dans ce contexte, certaines problématiques tout à fait fondées,
comme le temps consacré à certaines disciplines ou la nécessité d'instaurer
une période quotidienne d'études dirigées à l'école, ne pourront être résolues
que lorsque l'on pourra prescrire au moins 25 heures d'enseignement au primaire.
Par ailleurs, nous croyons
que le régime pédagogique doit être assoupli pour enlever l'obligation que
chaque semaine scolaire soit obligatoirement composée de cinq jours complets.
La grille-matières
du primaire
PREMIER
CYCLE
1re et 2e année |
DEUXIÈME
CYCLE
3e et 4e année |
TROISIÈME
CYCLE
5e et 6e année |
| Matières
|
Temps |
Matières
|
Temps |
Matières
|
Temps |
Langue
d'enseignement
Mathématiques |
9
h
7 h
16 h |
Langue
d'enseignement
Mathématiques |
7
h
5 h
12 h |
Langue
d'enseignement
Mathématiques |
7
h
5 h
12 h |
Enseignement
moral
et religieux/
Enseignement moral |
2
h |
Enseignement
moral
et religieux/
Enseignement moral |
2
h |
Enseignement
moral
et religieux/
Enseignement moral |
2
h |
Autres
matières
Français, langue seconde
Arts
Éducation physique
et éducation à la santé
Marge de manoeuvre |
5,5
h |
Autres
matières
Langue seconde
Arts
Éducation physique
et éducation à la santé
Histoire, géographie,
éducation à la citoyenneté
Sciences et technologie
Marge de manoeuvre |
9,5
h |
Autres
matières
Langue seconde
Arts
Éducation physique
et éducation à la santé
Histoire, géographie,
éducation à la citoyenneté
Sciences et technologie
Marge de manoeuvre |
9,5
h |
| Total
|
23,5
h |
Total
|
23,5
h |
Total
|
23,5
h |
Marge de manoeuvre
Sauf pour l'enseignement
moral et religieux dont le temps est prescrit par les règlements des comités
catholique et protestant du Conseil supérieur de l'éducation, l'école peut
aménager de différentes façons le temps et l'organisation de l'enseignement
des disciplines établies pour chacun des cycles, et ce, pour tenir compte
de contraintes ou de particularités locales. La langue d'enseignement doit
toutefois être enseignée à chacune des années. La marge de manoeuvre de l'école
peut servir pour augmenter le temps indicatif prévu pour l'une ou l'autre
des matières, pour enseigner un programme local ou pour un projet particulier.
Note explicative
La révision des programmes
d'arts, de sciences (sciences et technologie), de sciences humaines (histoire,
géographie et éducation à la citoyenneté), de langues secondes et d'éducation
physique (éducation physique et santé) devra être faite de façon à déterminer
clairement les CONTENUS ESSENTIELS sur la base d'un temps minimum moyen d'une
heure par semaine. Des contenus d'enrichissement pour l'équivalent d'au moins
une autre heure devront être prévus dans ces programmes pour les écoles qui
choisiront, à même leur marge de manoeuvre, de consacrer plus de temps pour
l'une ou l'autre de ces disciplines.
À l'égard du temps d'enseignement
au primaire, pour comparer la présente proposition avec la situation actuelle,
il faut se référer aux études effectuées par le ministère de l'Éducation sur
le temps réel consacré, au primaire, à l'enseignement des diverses disciplines
(voir Les régimes pédagogiques. Rapport annuel sur l'application et l'applicabilité,
septembre 1990).
D'une part, à cause de
l'écart entre les temps initialement prévus au régime pédagogique et le temps
global prescrit - lequel est resté à 23,5 heures au lieu des 25 heures prévues
- et, d'autre part, pour accorder plus de temps aux matières dites de base,
le temps effectivement consacré à l'enseignement de plusieurs disciplines
est présentement nettement inférieur au temps indicatif prévu. Ainsi, voici
le pourcentage d'enseignantes et d'enseignants qui disaient accorder moins
de temps que prévu à l'enseignement de certaines disciplines, diminution souvent
de l'ordre de plus de la moitié du temps indicatif prévu:
- sciences de la nature:
près de 48 p. 100, dont plus de 13 p. 100 qui disent n'y consacrer aucun
temps;
- anglais langue seconde:
plus des deux tiers;
- sciences humaines:
plus de 70 p. 100.
À l'inverse, plus des
deux tiers consacraient plus de temps au français, langue d'enseignement,
et aux mathématiques.
| 2.3 |
La
grille-matières du premier cycle du secondaire |
Le temps prescrit
Le temps prescrit au secondaire
est de 25 heures. Ce temps s'apparente à ce qu'on trouve généralement dans
les autres provinces, États ou pays, même si, dans certains systèmes, on trouve
plutôt 26 ou 27 heures. Toutefois, compte tenu du temps obligatoirement consacré
ici à l'enseignement religieux, généralement pris en charge, ailleurs, par
les familles et les Églises, ainsi que du temps plus considérable à consacrer
au français, langue d'enseignement, et au français, langue seconde, compte
tenu du contexte nord-américain, le système québécois enregistre un déficit
de temps qui oblige à faire certains choix et qui rend impossible la satisfaction
de certaines demandes à l'égard de l'école.
Par ailleurs, nous croyons
que le régime pédagogique doit être assoupli pour enlever l'obligation que
chaque semaine scolaire soit obligatoirement composée de cinq jours complets.
La grille-matières
du premier cycle du secondaire
PREMIÈRE
SECONDAIRE |
DEUXIÈME
SECONDAIRE |
TROISIÈME
SECONDAIRE |
| Matières
|
Unités |
Matières
|
Unités |
Matières
|
Unités |
Français,
langue
d'enseignement
Anglais, langue
seconde |
8
4 |
Français,
langue
d'enseignement
Anglais, langue
seconde |
8
4 |
Français,
langue
d'enseignement
Anglais, langue
seconde |
8
4 |
Anglais,
langue
d'enseignement
Français, langue
seconde |
6
6 |
Anglais,
langue
d'enseignement
Français, langue
seconde |
6
6 |
Anglais,
langue
d'enseignement
Français, langue
seconde |
6
6 |
Mathématiques
Histoire et éducation
à la citoyenneté
Géographie
Sciences et technologie
Éducation physique et
éducation à la santé
Enseignement moral et
religieux/Enseignement
moral
Arts |
6
3
3
4
2
2
4 |
Mathématiques
Histoire et éducation
à la citoyenneté
Géographie
Sciences et technologie
Éducation physique et
éducation à la santé
Enseignement moral et
religieux/Enseignement
moral
Arts |
6
3
3
4
2
2
4 |
Mathématiques
Histoire et éducation
à la citoyenneté
Sciences et technologie
Éducation physique et
éducation à la santé
Enseignement moral et
religieux/Enseignement
moral
OPTION
Arts, ou Technologie
ou Langue moderne
OPTION Arts, ou
Technologie ou
Langue moderne OU
Marge de manoeuvre |
6
4
4
2
2
3
3 |
| Total
|
36 |
Total
|
36 |
Total
|
36 |
Notes explicatives
- Marge de manoeuvre.
Une unité équivaut approximativement à 25 heures. C'est sur cette base que
les programmes d'études devront être élaborés ou révisés. L'école peut augmenter
ou diminuer le temps suggéré pour chaque matière, pour autant qu'elle s'assure
que le temps alloué permet l'acquisition des savoirs obligatoires contenus
dans les programmes d'études. En 3e secondaire, la marge de manoeuvre
peut être utilisée pour consacrer plus de temps à l'une ou l'autre des disciplines,
pour un programme local ou pour des activités.
- Le temps consacré à
l'enseignement moral et religieux est prescrit par les règlements des comités
confessionnels du Conseil supérieur de l'éducation.
- Nous sommes préoccupés
par le nombre d'élèves que l'enseignant ou l'enseignante du secondaire doit
rencontrer. Nous croyons que doit être intensifiée la tendance à la pluridisciplinarité
chez les enseignants, ce qui permet l'enseignement de plus d'une matière
aux mêmes élèves, et donc la rencontre d'un moins grand nombre d'élèves.
Ainsi, par exemple, en 1re et en 2e secondaire, l'enseignement
de la géographie et de l'histoire aux mêmes élèves devrait être assumé par
le même enseignant.
- Nous proposons que
les arts soient l'un des trois champs disciplinaires à option de 3e
secondaire de façon à ce que l'option arts soit normalement choisie par
la majorité des élèves. La même situation s'appliquerait, en 3e
secondaire, à l'initiation à la technologie et à une troisième langue.
- Un élève qui a satisfait
aux exigences de sanction en ce qui concerne la langue seconde durant le
premier cycle (c'est-à-dire après la 6e année du primaire, ou
après la 1re ou la 2e secondaire), peut soit être
inscrit au programme de langue seconde de niveau supérieur, soit être inscrit
au programme de langue d'enseignement correspondant, ou encore entreprendre
l'étude d'une troisième langue. Dans tous les cas, il peut accumuler des
unités supplémentaires.
| 2.4 |
La
grille-matières du second cycle du secondaire |
Lorsqu'il est question
des études secondaires, et plus particulièrement du second cycle, un souhait
est unanime: il faut assurer plus de diversité tout en maintenant les apprentissages
essentiels. Le principal reproche fait au second cycle réside dans une simple
phrase: l'école offre peu de choix.
C'est un fait, devant
la diversité des intérêts, des styles d'apprentissage, des aspirations et
des motivations des élèves, le second cycle offre jusqu'à maintenant uniquement
deux choix: une formation générale qui conduit à des études postsecondaires,
ou une formation professionnelle qui, de façon habituelle, ne peut s'acquérir
qu'après avoir terminé la formation générale.
Il
est vrai qu'un petit nombre d'élèves ont moins d'aptitudes pour poursuivre
des études en formation générale ou en formation professionnelle. L'école
de la réussite doit aussi être celle qui offre à ces élèves les meilleures
chances de réussite dans leur vie future. Les activités d'insertion sociale
et professionnelle des jeunes1 visent à s'assurer
que ces élèves n'intègrent pas la vie active sans une préparation suffisante
et sans une formation qualifiante.
Mais, pour tous les autres
élèves, il importe de briser dès maintenant certaines rigidités du système
afin de permettre des types de parcours scolaires diversifiés offrant des
choix de formation en harmonie avec les besoins et les intérêts des élèves.
Cette diversification doit s'opérer tant en formation professionnelle qu'en
formation générale.
La diversification
des cheminements en formation professionnelle
La formation professionnelle
intensive existe depuis plusieurs années. Un élève peut y accéder s'il a déjà
obtenu son diplôme d'études secondaires ou s'il a atteint 16 ans et qu'il
répond à certaines exigences liées au programme choisi. En pratique, actuellement,
ces conditions relèguent à la fin du secondaire l'admission à la formation
professionnelle. Mais, il importe que la formation professionnelle devienne
ouverte à tous les élèves, aux filles autant qu'aux garçons, dès qu'ils ont
acquis leur formation de base.
En 1995-1996, le ministère
de l'Éducation débutait l'implantation d'un programme expérimental de diversification
des voies en formation professionnelle. Un des objectifs de ce programme est
d'offrir aux jeunes, en plus de la formation professionnelle intensive déjà
existante, des choix diversifiés de formation préparatoire au marché du travail
qui puissent débuter avant la fin du secondaire. Deux volets de ce programme,
la formation aux métiers semi-spécialisés et la formation en concomitance,
nous apparaissent répondre efficacement au besoin de diversification des voies
évoqué plus haut.
Nous proposons donc que
la mise en place de ces deux volets s'intensifie et se généralise afin que
tous les élèves puissent choisir l'option qui corresponde à leurs besoins
sans être obligés de compléter des études qu'ils jugent souvent trop longues.
La formation conduisant
aux métiers semi-spécialisés (Volet 2)
L'élève qui ne souhaite
pas poursuivre ses études secondaires en formation générale au second cycle
ou en formation professionnelle intensive conduisant au diplôme d'études professionnelles
(DEP) peut accéder à la formation aux métiers semi-spécialisés s'il a terminé
sa 2e secondaire. La durée de la formation est variable selon les
exigences du métier, mais elle ne dépasse pas 900 heures. Cette formation
comprend, à parts égales, les deux éléments suivants:
| a) |
la
formation générale en langue d'enseignement, en langue seconde et en mathématiques.
Ces unités peuvent être de 3e ou de 4e secondaire, selon
le programme choisi. L'acquisition de ces unités permettra à l'élève un retour
vers la formation générale ou vers la formation professionnelle intensive
s'il décide de poursuivre ses études; |
| |
|
| b) |
la formation
requise pour l'exercice d'un métier semi-spécialisé, formation qui est dispensée
sous forme de stages en entreprises. |
La formation concomitante
(Volet 5)
Ce volet est offert aux
jeunes qui ont terminé leur 3e secondaire et qui ont déjà arrêté
leur choix professionnel. Il leur permet d'amorcer plus rapidement, c'est-à-dire
dès le début de la 4e secondaire, la formation professionnelle
conduisant au DEP tout en suivant des cours de formation générale.
Pour les métiers qui exigent
normalement d'avoir complété les préalables de 4e secondaire, les
unités se répartissent comme suit: les unités de langue d'enseignement, de
langue seconde et de mathématiques de la 4e secondaire et le reste
des unités rattachées aux cours de formation professionnelle.
Pour les métiers qui exigent
normalement d'avoir réussi la langue d'enseignement de 5e secondaire,
les unités se répartissent comme suit: les unités rattachées aux cours de
langue d'enseignement et le reste des unités rattachées aux cours de formation
professionnelle.
La diversification
des cheminements en formation générale
En formation générale,
il faut s'assurer que les deux années du second cycle offrent une réelle diversification
des choix, ce qui n'est présentement pas le cas pour la 4e secondaire
avec seulement une option (quatre unités). Il faut tout autant briser l'uniformité
des choix actuels de 5e secondaire qui sont trop fortement influencés
par les conditions d'admission au collégial. Nous souhaitons d'ailleurs que
soit poursuivi l'élagage des conditions particulières d'admission qui ne sont
pas explicitement requises pour la réussite des programmes de l'enseignement
collégial.
Le second cycle doit donc
se diversifier pour permettre:
- d'offrir aux élèves
des parcours scolaires offrant des choix de formation en harmonie avec leurs
besoins et avec leurs champs d'intérêts;
- aux écoles de se donner
un projet éducatif qui tienne compte des besoins, des modes et des rythmes
d'apprentissage des élèves.
La grille-matières du
second cycle du secondaire sera organisée de façon à parfaire les apprentissages
dans les matières de base tout en permettant une diversification des parcours.
Un tronc commun pour
les apprentissages fondamentaux
Il va de soi que, pour
la grande majorité des élèves, la formation dans les matières de base doit
se poursuivre jusqu'à la fin des études secondaires, et même au-delà pour
ceux et celles qui poursuivront leurs études au collégial.
Le second cycle du secondaire
sera d'abord constitué d'un tronc commun d'apprentissage dans les matières
de base, notamment en langues et en mathématiques, mais aussi en histoire
et éducation à la citoyenneté, en connaissance du monde contemporain ainsi
qu'en sciences.
Un choix parmi des
champs du savoir diversifiés
Pour que le second cycle
soit vraiment un cycle d'orientation, la proposition de grille-matières qui
suit vise essentiellement à «aérer» le cycle et à permettre un élargissement
des possibilités de choix:
| a) |
le
nombre d'unités pour les options et la marge de manoeuvre sera accru par rapport
à la situation actuelle pour l'ensemble du second cycle, passant de 16 à 24
unités; |
| |
|
| b) |
pour permettre
à l'élève de s'initier à des champs du savoir qui correspondent le plus à
ses goûts et à ses aspirations tout en évitant la trop grande dispersion des
choix, les unités rattachées aux matières à option pourront, en 5e
secondaire, être accumulées dans un maximum de deux des six champs du savoir
suivants: |
- langues;
- univers social;
- sciences, mathématiques
et technologie;
- arts;
- éducation physique;
- formation professionnelle.
Pour les deux années du
second cycle, l'élève qui le désire pourra consacrer une partie ou la totalité
des unités à options à des cours de formation professionnelle. Cette possibilité
permet de faciliter et de généraliser l'implantation du volet «Exploration
professionnelle» (volet 3) du programme expérimental de diversification des
voies en formation professionnelle. Ce volet s'adresse particulièrement à
des élèves qui ont terminé leur 3e secondaire et qui n'ont pas
d'orientation professionnelle précise. Il vise à favoriser leurs contacts
avec différents domaines professionnels afin de les aider à vérifier leurs
goûts et leurs champs d'intérêt au regard de différents métiers et d'en explorer
la réalité sur le marché du travail.
La grille-matières
du second cycle du secondaire
| MATIÈRES |
Unités
de 4e secondaire |
Unités
de 5e secondaire |
Tronc
commun
Langue d'enseignement
Langue seconde
Mathématiques
Histoire et éducation à la citoyenneté
Connaissance du monde contemporain
Sciences et technologie
Éducation physique et éducation à la santé
Enseignement moral et religieux/
Enseignement moral
Matières à option
Option 1
Option 2
Option 3
Marge de manoeuvre |
6
4
4 (ou 6)*
4
-
4 (ou 6)*
2
2
4
4
-
2 |
6
4
4 (ou 6)*
-
4
-
2
2
4
4
4
2 |
| TOTAL |
36 |
36 |
| * Quatre
unités sont attribuées au programme de base. Le nombre d'unités est de six
pour les autres programmes. |
Notes explicatives
| 1. |
Le
temps consacré à l'enseignement moral et religieux est prescrit par les règlements
des comités confessionnels du Conseil supérieur de l'éducation. |
| |
|
| 2. |
La plage
totale des cours à option (y compris la marge de manoeuvre) de 4e
et 5e secondaire peut aller jusqu'à 24 unités, selon les cours
choisis par les élèves. Dans le régime pédagogique actuel, elle est de 16.
|
| |
|
| 3. |
En 5e
secondaire, l'élève ne doit pas choisir ses cours à option dans plus de deux
champs et ceci dans le but d'éviter une trop grande dispersion. Ces champs
sont:
- langues;
- univers social;
- sciences, mathématiques
et technologie;
- arts;
- éducation physique;
- formation professionnelle.
Nous suggérons, par
ailleurs, que chaque école, compte tenu de son effectif et des besoins de
ses élèves, puisse établir, si elle le juge pertinent, des profils de disciplines
pour mieux caractériser la formation donnée au second cycle (par exemple:
profil «sciences-mathématiques», profil «arts et lettres», profil «sciences
humaines et langues», etc.).
|
| 4. |
Au second
cycle du secondaire, il y a des programmes différenciés (deux niveaux de difficulté)
en mathématiques et en sciences. Nous proposons que soit sérieusement explorée
la possibilité d'instaurer, dans les deux cas, une filière intermédiaire pour
éviter qu'un nombre trop considérable d'élèves s'inscrivent dans la voie supérieure
avec des possibilités fortes d'échec.
Nous recommandons
que des programmes différenciés, officiellement sanctionnés, soient également
instaurés au second cycle, dans les langues d'enseignement et dans les langues
secondes.
|
| 5. |
Un élève
qui a satisfait aux exigences de sanction en ce qui concerne la langue seconde
à la fin de la 3e ou de la 4e secondaire peut soit être
inscrit au programme de langue seconde de niveau supérieur, soit au programme
de langue d'enseignement correspondant, ou encore entreprendre l'étude d'une
troisième langue. Dans tous ces cas, des unités supplémentaires peuvent être
accumulées. |
1.
Dès qu'ils ont atteint 16 ans, ces élèves sont inscrits dans des programmes
d'insertion sociale et professionnelle des jeunes (ISPJ). Ces programmes visent
à les familiariser avec le fonctionnement du marché du travail et à les préparer,
selon leurs capacités, à exercer certains métiers non spécialisés. Les compétences
des élèves à effectuer convenablement certaines tâches sont reconnues par
un certificat en formation visant l'insertion sociale et professionnelle.
Certaines commissions
scolaires ont aussi développé une alternative aux programmes d'ISPJ. Elles
offrent le programme CFER (Certificat de formation en entreprise et récupération)
par lequel les élèves inscrits reçoivent une formation générale adaptée à
leurs besoins et une qualification professionnelle dans le domaine des entreprises
en récupération.
Chapitre
3 | Table des matières | Chapitre 5
|