Sarah St-Pierre [ photo de presse ]
Gagnante d'un prix Chapeau, les filles!
Prix Séjour professionnel à l'international des Offices jeunesse internationaux du Québec
École hôtelière de la Capitale, CS de la Capitale
Un bijour de steak!
En traversant l'Atlantique pour s'établir au Canada, les artisans-bouchers français ont perdu un gros morceau : le mot « artisan » qui accompagnait jusque-là leur dénomination. Future bouchère, Sarah St‑Pierre ne souhaite rien de moins que de le reconquérir! « Ce métier est quelque peu malmené chez nous, dit-elle. Il n'est pas considéré noble comme c'est le cas en France depuis le XIe siècle. »
S'enrichir des connaissances d'autres cultures est indispensable pour faire évoluer une société, Sarah en est convaincue. Elle cite l'exemple de la production de fromages qui fleurit au Québec depuis les années 1980, notamment grâce à l'artisan fromager suisse Fritz Kaiser. « En partageant sa passion des produits européens, il a incité des Québécois à faire des stages à l'étranger et à en rapporter une expertise, dit-elle. Nos fromages sont désormais reconnus à travers le monde. »
Grâce au stage en France qu'elle remporte aujourd'hui - auprès d'un artisan-boucher réputé - Sarah rehaussera à son tour notre paysage culturel. « J'apprendrai d'autres techniques de coupe et me perfectionnerai dans l'art de la charcuterie, salive-t-elle d'avance. Je me nourrirai de nouveaux savoirs pour en faire bénéficier les gens d'ici. »
Après avoir travaillé huit ans dans un milieu typiquement féminin - la joaillerie - Sarah recourt aux mêmes aptitudes dans son nouveau domaine, essentiellement masculin : ouverture d'esprit, flexibilité, sens de l'humour, créativité, doigté, etc. « On crée et façonne un bijou comme on travaille une pièce de viande ou on invente un plat. La boucherie, ce n'est pas qu'un métier de « gros bras », c'est un art! »