2.2 L'avis du Conseil supérieur de l'éducation sur l'alphabétisation
Déjà, en 1990, année internationale de l'alphabétisation, le Conseil supérieur de l'éducation voyait dans la prévention de l'analphabétisme une solution à l'abandon scolaire et au manque de compétences de base chez les jeunes. Il mentionnait clairement qu'un énoncé d'orientations et un plan d'action gouvernemental proposant des mesures à court, moyen et long terme devaient appuyer toute politique en faveur de l'alphabétisation.
L'amélioration du milieu socio-éducatif de l'enfant et le soutien des parents dans leur action éducative
Tous les enfants ne jouissent pas, dans leur milieu familial et socio-économique, de conditions favorables à l'apprentissage, ce qui peut déboucher sur l'analphabétisme ou sur des carences en éducation de base. «Malgré la réforme scolaire amorcée dans les années 60, un nombre significatif de jeunes quitte chaque année le système scolaire sans posséder une éducation de base et plusieurs parmi eux viennent rejoindre les adultes inscrits aux activités d'alphabétisation.13» Le Conseil insiste sur le fait qu'un travail de prévention est une clé importante pour réduire l'analphabétisme.
La prévention, une mission qui engage les agents et les agentes d'éducation, de l'éducation préscolaire à l'éducation des adultes
Le Conseil encourage la prévention dès le plus jeune âge et tout au long de la scolarisation. Cela signifie que les organismes responsables de la petite enfance et les agents et les agentes d'éducation à l'éducation préscolaire, au primaire, au secondaire et à l'éducation des adultes doivent jouer pleinement leur rôle éducatif et accomplir la mission qui leur a été confiée.
À l'éducation préscolaire, ils doivent accorder une attention au vocabulaire, à la capacité de communiquer et aux habiletés facilitant l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, et collaborer étroitement avec les parents des enfants éprouvant des difficultés d'apprentissage. Au primaire, ils doivent être en mesure de reconnaître les habiletés et de dépister les difficultés, et s'assurer que les services offerts permettent à l'ensemble des enfants d'acquérir les habiletés de base. Au secondaire, ils doivent s'assurer qu'aucun jeune ne quitte l'école sans une éducation de base lui permettant d'être autonome, de se tirer d'affaire en toutes circonstances et d'être capable d'apprendre dans la vie et au travail. Enfin, à l'éducation des adultes, ils doivent proposer des ateliers, des conférences ou des cours d'éducation populaire.
La concertation et la collaboration entre tous les partenaires des milieux éducatif, culturel, social et économique sont nécessaires pour garantir le succès de la mission de prévention de l'analphabétisme. Le secteur de l'éducation doit travailler avec le ministère des Affaires sociales, les organismes de soutien et de promotion de la famille, les associations de parents et les municipalités.
13. CONSEIL SUPÉRIEUR DE L'ÉDUCATION. L'alphabétisation et l'éducation de base au Québec : une mission à assumer solidairement, Sainte-Foy, février 1990, p. 26 et 37.