CONCLUSION

 Nous n'avons pas la prétention d'avoir tout dit sur la prévention de l'analphabétisme, loin de là. Quelques points ont été éclaircis, tout au plus, pour aider à l'action, à la prise de décision et soutenir les pratiques actuelles. Les études et les pratiques en cours et à venir dans le domaine de l'éducation et ailleurs doivent continuer à nourrir la réflexion et la recherche sur la prévention de l'analphabétisme.

L'analphabétisme est une réalité inquiétante qui nous amène à revoir notre conception de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture et à mettre au point des approches préventives. Il importe de s'intéresser à toutes les composantes de la lecture et de l'écriture, c'est-à-dire aux formes que la langue écrite prend dans un milieu donné, aux pratiques des personnes à l'école, à la maison et au travail, à l'apprentissage des moyens et des techniques pour lire et écrire, à la motivation des personnes à apprendre et à leur réflexion sur le sujet. Par ailleurs, il importe d'agir tôt dans la vie de l'enfant et de poursuivre les actions pour prévenir l'analphabétisme en dehors de l'école et au-delà de la période scolaire. Enfin, il faut tenir compte de nombreux facteurs et de nombreux acteurs et actrices.

L'alphabétisme des individus est une condition essentielle au développement de la société québécoise. Les personnes qui ne lisent pas assez bien pour avoir accès à l'information, ou pour la traiter et s'en servir, seront désavantagées : elles pourront difficilement apprendre, innover et s'adapter, trois habiletés essentielles dans une société où l'information prend de l'ampleur. De plus, il leur sera difficile de développer leur plein potentiel et de participer à la vie économique, sociale, culturelle, politique et démocratique. Ne rien changer et ne rien faire, c'est creuser encore plus l'inégalité entre les classes sociales, pénaliser les plus démunis, mais c'est aussi priver la communauté de leur participation et de leur contribution. Leur exclusion des activités professionnelles et communautaires contribue par ailleurs à l'augmentation des charges sociales. Et leurs enfants risquent à leur tour de connaître l'exclusion.

Les actions à venir doivent s'adresser véritablement aux personnes moins favorisées, inscrire l'alphabétisation dans un projet de société plus large ayant comme objet la lutte contre la pauvreté et l'amélioration des conditions de vie des populations les plus touchées par la pauvreté, le chômage, l'échec scolaire et l'analphabétisme et, surtout, s'assurer que la préoccupation de la prévention de l'analphabétisme sera partagée par tous les ministères et organismes.

Il importe de définir le rôle que chacun veut jouer, de soutenir les moyens de prévention en cours, d'intensifier les efforts et la collaboration avec tous les partenaires en cause. Le contexte de changement exige d'être novateurs. Il peut être difficile, dans les conditions actuelles de restriction de ressources, d'intégrer de nouveaux plans d'action dans nos organismes respectifs. Pourtant, des actions et des approches préventives doivent être mises en avant pour éviter qu'un nombre important de Québécoises et de Québécois vivent en marge de la société et, surtout, pour s'assurer qu'ils aient tous les outils en main leur permettant d'agir sur leur milieu, de se développer et de participer activement à la société du savoir. C'est un investissement dont, tous et toutes, nous tirerons profit.


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