Le présent document fait suite aux actions menées par la Direction de la formation générale des adultes (DFGA) en 1995-1996, conformément à son plan d'action pour prévenir l'analphabétisme. Nous définissons le rôle que peut jouer le secteur de l'éducation des adultes à la lumière des orientations établies par la ministre de l'Éducation à l'issue des États généraux sur l'éducation, suggérons certains types de partenariat et proposons des actions pour contrer le problème.
Le contenu a été élaboré en fonction des commentaires exprimés par des représentants et des représentantes du secteur de l'éducation des adultes1, en fonction des données recueillies dans l'enquête internationale sur l'alphabétisation des adultes (EIAA), des résultats de recherches sur l'apprentissage de la lecture et de l'écriture et des projets pilotes de prévention en cours dans les groupes d'alphabétisation populaire autonome et les commissions scolaires.
Le contexte actuel est propice à la définition d'actions pour prévenir l'analphabétisme. D'abord, beaucoup de mémoires adressés à la Commission des États généraux sur l'éducation font état de la nécessité de définir de telles actions à l'intention des parents, et particulièrement de ceux qui ont de faibles capacités de lecture et d'écriture ou qui vivent dans un milieu défavorisé. Ensuite, de plus en plus de projets sont menés par les groupes d'alphabétisation populaire autonome et les commissions scolaires. Quelques-uns permettent de soutenir les parents lorsqu'il s'agit pour eux d'aider leurs enfants à faire leurs devoirs, de les initier au monde de la langue écrite et de stimuler leur développement. D'autres servent à promouvoir la lecture et à organiser des activités s'adressant aux familles touchées par l'analphabétisme, ou à soutenir les élèves dans leurs études. Le rapport final des États généraux sur l'éducation est éloquent quant à l'aide à fournir aux parents. On y préconise des interventions à l'intention des jeunes enfants et on y mentionne que des «efforts particuliers doivent être faits pour obtenir la collaboration active des familles dans les milieux économiquement défavorisés et parmi les populations le plus touchées par l'analphabétisme, de sorte qu'elles puissent être soutenues dans leur tâche d'encadrement des enfants pour ne pas compromettre l'acquisition des bases nécessaires à leur formation2».
Par ailleurs, des recherches récentes ont démontré que l'on peut se préparer à apprendre à lire en dehors de l'école. La famille, par les usages qu'elle fait de la langue écrite et la richesse du milieu éducatif qu'elle propose, joue un rôle de premier plan, dès la petite enfance, dans son apprentissage. Ainsi, il est justifié d'envisager des interventions qui touchent les familles afin qu'elles puissent initier les enfants au monde de l'écrit et les préparer aux apprentissages scolaires. D'autre part, le fait de lire et d'écrire fréquemment dans la vie quotidienne et au travail permet aux adultes de maintenir et d'améliorer leurs capacités de lecture et d'écriture. Il est donc souhaitable d'encourager toute forme d'intervention pour soutenir et encourager les pratiques de lecture et d'écriture au travail et à la maison.
La ministre de l'Éducation vient d'engager le Québec dans une réforme de l'éducation dont «la réussite se mesurera par le fait que tous les jeunes sortiront de l'école en sachant lire, écrire et calculer3». Le secteur de l'éducation des adultes peut contribuer à l'atteinte des objectifs fixés par la ministre, entre autres choses en intégrant des actions de prévention aux services de formation et d'éducation populaire et culturelle qu'il offre aux adultes, et en s'assurant que la prévention de l'analphabétisme soit intégrée aux actions des partenaires du milieu scolaire, du milieu communautaire et des autres ministères. Les orientations de la ministre et les travaux en cours soulignent l'importance d'agir sans délai. Il importe de définir le rôle que le secteur de l'éducation des adultes peut jouer et de déterminer, avec les partenaires des autres secteurs de l'éducation ainsi que des ministères et organismes, des actions préventives cohérentes, complémentaires, et dont la continuité sera assurée.
1. Une consultation a eu lieu le 14 mai 1996 avec des représentants de la Table des responsables de l'Éducation des adultes du Québec, de l'Équipe interrégionale en alphabétisation, du Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec, du Provincial Organization of Continuing Education Directors English, du Quebec Literacy Working Group, des groupes d'alphabétisation populaire autonome et des commissions scolaires. Puis un groupe de travail réunissant des représentants des deux derniers groupes a été rencontré le 15 mai 1996 et le 31 janvier 1997. Il est possible d'obtenir le compte rendu des rencontres des 14 et 15 mai en s'adressant à la DFGA. Enfin, des recommandations font suite à la rencontre du Comité consultatif de la DFGA, tenue le 18 juin 1996.
2. LES ÉTATS GÉNÉRAUX SUR L'ÉDUCATION. Rénover notre système déducation : dix chantiers prioritaires, Rapport final de la Commission des États généraux sur léducation, gouvernement du Québec, ministère de lÉducation du Québec, 1996, p. 37.
3. Extrait d'un communiqué émis en octobre 1996 par le bureau de la ministre de l'Éducation du Québec.