communiqués | législation | statistiques | publications | autres sites | recherche | Ministre

LES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION EN ÉDUCATION

Plan d'intervention

ÉDUCATION PRÉSCOLAIRE, ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ET SECONDAIRE : FORMATION GÉNÉRALE DES JEUNES ET DES ADULTES

Ministère de l'Éducation

26 juin 1996


AVANT-PROPOS

L'ordinateur est de plus en plus présent à la maison et dans l'entreprise, modifiant profondément la manière dont l'information est traitée, pour les loisirs ou pour le travail. Friands de nouvelles technologies, les jeunes apprennent de plus en plus de choses ailleurs qu'à l'école. De nouveaux défis se posent aux enseignantes et aux enseignants.

Utilisées à des fins pédagogiques, les technologies de l'information et de la communication (TIC) peuvent contribuer à développer, chez les élèves, les habiletés intellectuelles, l'esprit critique, l'art de résoudre des problèmes et la faculté de communiquer. L'école doit s'ouvrir résolument à ces technologies, afin de profiter pleinement de leur incroyable potentiel en matière de production et de diffusion du savoir.

Tenue en janvier 1996, la Conférence socio-économique sur l'utilisation des technologies de l'information et de la communication en éducation a suscité bon nombre de consensus et d'engagements. Le climat de dialogue qui a marqué les débats et les discussions entre partenaires qui ont suivi la Conférence sont propices à une mise en oeuvre rapide et harmonieuse d'un plan d'intervention, que le ministère de l'Éducation est maintenant prêt à annoncer.

UN PLAN D'ENSEMBLE

Plus que jamais, l'école est pressée d'agir par l'évolution technologique. Parce que le savoir est au coeur de sa mission, le système éducatif doit s'ouvrir résolument aux technologies de l'information et de la communication et intégrer ce qu'elles offrent de meilleur afin d'améliorer les démarches d'enseignement et d'apprentissage.

C'est là le véritable défi de l'intégration des technologies en éducation : plus qu'un simple objet d'étude, en faire un véritable outil au service de l'acte d'enseigner et de l'acte d'apprendre. Ce plan a été conçu afin d'apporter une réponse à ce défi. Il repose sur une stratégie d'ensemble et on y propose des mesures concrètes.

Une démarche globale

Le défi d'une intégration réussie des technologies de l'information et de la communication implique une intervention énergique sur plusieurs fronts à la fois. Ainsi, les mesures mises en avant dans ce plan d'intervention concernent :

a. les contenus de formation des élèves et de leurs enseignantes et enseignants;
b. l'équipement et le matériel didactique informatisé;
c. les communications et l'autoroute de l'information;
d. l'animation, l'innovation et la recherche.

Une action conçue à partir de l'école

S'il est légitime d'exiger que tous les élèves puissent bénéficier de l'apport des nouvelles technologies à l'école, rien n'indique que les démarches en ce sens doivent être semblables, dans tous les milieux. L'intégration des technologies sera d'autant plus réussie qu'elle sera conçue en fonction des besoins des élèves, ainsi que des objectifs et moyens que privilégie leur équipe-école.

Ainsi, on attendra de chaque école qu'elle se donne un plan d'intégration des TIC. Le Ministère aidera à l'élaboration de ces plans et comptera sur la collaboration des commissions scolaires pour qu'elles les consolident et en soutiennent la mise en oeuvre.

Dans le «plan d'école», on devra exposer comment l'école et la commission scolaire entendent planifier et organiser l'intégration des TIC, notamment en assumant des responsabilités en matière de perfectionnement du personnel et d'acquisition d'équipement informatique et de matériel didactique informatisé. Le Ministère s'appuiera sur les «plans d'école» pour bon nombre de ses interventions; ce faisant, il pourra respecter le rythme d'assimilation des technologies par le personnel des écoles et contribuer à l'efficacité de son action.

Une responsabilité partagée

L'ampleur du défi posé par l'intégration des technologies à l'école exige un engagement déterminé de la part de nombreux partenaires. Par leur position stratégique auprès des élèves, les enseignantes et les enseignants sont appelés à jouer un rôle clé dans cette intégration. Ils auront à choisir et à appliquer les moyens nécessaires à l'évolution en profondeur de leur enseignement. Ils auront à se préoccuper au premier titre de leur propre compétence à concevoir et à implanter les changements de méthode qui s'imposent.

Les responsables des écoles et des commissions scolaires auront, quant à eux, à reconnaître la priorité à accorder à l'intégration des technologies et à affirmer cette priorité, notamment dans leurs choix budgétaires. Les responsables de la formation initiale des enseignantes et des enseignants sont également conviés à fournir des efforts importants.

Quant au Ministère, on attend de lui qu'il assume une coordination énergique, mais aussi, respectueuse des divers milieux. Il agira en ce sens en privilégiant ce qui lui revient de par sa mission, à savoir les contenus de formation. On attend également du Ministère qu'il participe de façon importante au redressement de la situation sur le chapitre de l'équipement : il le fera et demandera aux organismes du milieu de participer à l'effort collectif.

A. LES CONTENUS DE FORMATION

Les encadrements pédagogiques

Les TIC facilitent l'acquisition d'une démarche intellectuelle transdisciplinaire et de compétences générales liées à la sélection, au traitement et à l'analyse critique de l'information. D'autres compétences, plus particulières, ont trait à l'utilisation de logiciels-outils (traitement de textes, tableur, éditeur graphique, etc.) ou au développement d'habiletés permettant de naviguer sur divers réseaux de télécommunication (messagerie électronique, Internet, etc.). Grâce à ces outils, les élèves pourraient faire leur apprentissage scolaire de façon différente.

Afin de favoriser l'acquisition d'une démarche intellectuelle solide et la maîtrise d'outils modernes de travail, le Ministère adopte les mesures suivantes :

  • Pour chaque programme d'études de la formation générale des jeunes et des adultes, le Ministère évaluera, de concert avec ses partenaires, le potentiel des TIC comme instruments d'apprentissage et d'enseignement. Au besoin, des ajustements seront apportés aux programmes.
  • Le Ministère révisera ses pratiques en matière d'évaluation des apprentissages afin d'offrir au personnel scolaire la possibilité de recourir aux TIC.
  • Par ses réseaux télématiques, le Ministère diffusera au personnel scolaire des documents de nature pédagogique : programmes d'études, définitions de domaine, documents d'information sur l'organisation scolaire et sur les programmes d'études, etc.

La formation des enseignantes et des enseignants

Les enseignantes et les enseignants récemment diplômés et ceux et celles qui le seront d'ici un an ou deux ne sont pas nécessairement bien préparés à intégrer les TIC à leur pratique pédagogique. Les universités offrent toutes aux futurs enseignants et enseignantes et à ceux et celles qui sont en exercice des cours sur l'utilisation des TIC en enseignement, mais selon des modalités qui varient beaucoup. Ces technologies ne sont devenues, dans aucun établissement d'enseignement universitaire, des instruments didactiques et pédagogiques auxquels on a très largement recours.

Le Ministère et les universités se penchent actuellement sur toutes les facettes de la formation initiale des enseignantes et des enseignants. En particulier, les universités se sont engagées à collaborer à la définition des compétences attendues au regard des TIC, à répertorier les expériences et les projets d'intégration les plus intéressants et à diffuser les recherches portant sur la question.

Les mesures suivantes sont adoptées :

  • D'ici décembre 1996, de concert avec ses partenaires des universités et du milieu scolaire, le Ministère définira les compétences attendues dans la formation initiale à l'enseignement, au regard des TIC, à la suite de quoi les universités ajusteront leurs programmes en conséquence.
  • Les étudiantes et les étudiants engagés dans les programmes actuels de formation à l'enseignement se verront offrir, autant que possible, des stages de formation pratique dans des écoles utilisant les TIC à des fins pédagogiques, ou encore dans les centres d'enrichissement en micro-informatique scolaire (CEMIS) régionaux et suprarégionaux, où ils auront accès à du matériel et à des compétences appropriés.
  • Le Ministère investira 2 millions de dollars afin d'aider les facultés de sciences de l'éducation à se doter d'ordinateurs, d'équipement de télécommunication et de logiciels. Pour bénéficier de la subvention prévue, les universités devront présenter des plans d'utilisation des TIC en formation des enseignantes et des enseignants, plans dans lesquels sera précisé le soutien technique et pédagogique qu'elles comptent offrir. Le Ministère s'ajustera au degré de développement de chaque établissement, sans défavoriser ceux qui ont déjà investi dans les TIC en formation des enseignantes et des enseignants.

La formation continue du personnel scolaire

À l'occasion de la Conférence de janvier 1996 sur l'utilisation des nouvelles technologies en éducation, la formation du personnel a été retenue comme un des éléments essentiels d'une intégration réussie des TIC en éducation. Tous ont convenu que les enseignantes et enseignants, les directrices et directeurs d'école ainsi que les conseillères et conseillers pédagogiques des commissions scolaires avaient à se familiariser avec un nouvel environnement technologique, à en mesurer les enjeux sociaux et culturels et à l'intégrer à leurs méthodes d'enseignement ou de gestion.

Le Ministère et les organismes d'enseignement ont déjà consacré beaucoup d'énergie au perfectionnement du personnel scolaire, ce qui a contribué à lui faire acquérir une expertise de haut niveau. Cette expertise est notamment située dans les CEMIS régionaux et suprarégionaux et c'est là que pourra s'ancrer la formation continue du personnel scolaire dans le domaine des TIC.

Les démarches déjà entreprises doivent se poursuivre; ainsi :

  • Le Ministère continuera d'allouer des crédits aux commissions scolaires pour les applications pédagogiques de l'ordinateur, à même l'«allocation de base complémentaire». En 1996-1997, ce budget sera de l'ordre de 800 000 dollars.
  • Le Ministère réservera, à même l'enveloppe des «activités ministérielles de perfectionnement», un budget destiné à soutenir l'élaboration de «plans d'école» et pour répondre à des besoins de perfectionnement régionaux, définis de concert avec les commissions scolaires. En 1996-1997, ce budget sera de l'ordre de 200 000 dollars.

L'ampleur de la tâche et l'urgence d'agir nous obligent à tirer pleinement profit de toutes les ressources existantes. À cette fin, il est essentiel que l'intégration des TIC puisse bénéficier d'un traitement particulier au regard des budgets de perfectionnement prévus dans les conventions collectives. Dans la foulée de la Conférence de janvier 1996, et particulièrement des engagements pris par la Centrale de l'enseignement du Québec, nous invitons les responsables locaux à donner la priorité à l'intégration des TIC dans les activités de perfectionnement et à lui allouer une portion importante de l'enveloppe annuelle d'environ 10 millions de dollars que représentent les sommes prévues dans l'entente collective 1995-1998.

B. L'ÉQUIPEMENT ET LE MATÉRIEL DIDACTIQUE INFORMATISÉ

L'équipement

Dans les écoles primaires et secondaires du Québec, le rapport appareil-élèves est actuellement de 1 : 21. Une cible de 1 : 10 n'est pas trop ambitieuse. Évidemment, il faut aussi que les écoles disposent de tout le matériel nécessaire au bon fonctionnement des micro-ordinateurs.

Le Ministère adopte les mesures suivantes pour aider le réseau scolaire à investir dans les TIC et à maintenir son effort par la suite :

  • En matière d'investissement dans le réseau scolaire, le Ministère donnera la priorité à l'acquisition d'équipement informatique et il incitera les commissions scolaires à faire de même.
  • Pour l'enseignement général, le Ministère met sur pied un programme de soutien à l'acquisition d'équipement informatique par les écoles et les centres d'éducation des adultes. Par équipement informatique, on entend non seulement les micro-ordinateurs, mais aussi le matériel périphérique, le matériel de réseautage interne et externe, les systèmes d'exploitation et les logiciels-outils de base. Il s'agit d'un programme à frais partagés entre le Ministère (70 p. 100) et les commissions scolaires (30 p. 100). Cela correspond à des mises de fonds respectives de 41,5 millions de dollars et de 17,8 millions de dollars par année, pendant cinq ans. Les crédits seront alloués par le Ministère sur présentation, par les commissions scolaires, de «plans d'école» consolidés.
  • En collaboration avec ses partenaires du secteur privé, le Ministère verra à ce que les micro-ordinateurs acquis pour les élèves et les enseignantes et les enseignants soient livrés avec les systèmes d'exploitation et les logiciels-outils de base.
  • Les micro-ordinateurs qui ne sont plus utilisés par les ministères et organismes publics seront mis gratuitement à la disposition des écoles. Le secteur privé sera invité à faire de même.

Le matériel didactique informatisé

Le matériel didactique informatisé joue un rôle clé dans l'intégration des TIC en éducation. En Amérique du Nord, le marché francophone pour ce type de matériel est forcément de taille réduite. Le matériel de langue française adapté aux exigences du curriculum québécois fait donc souvent défaut. Le Ministère, les organismes d'enseignement et le secteur privé doivent se concerter pour assurer la disponibilité d'un matériel didactique informatisé diversifié et de grande qualité.

Le Ministère annonce les mesures suivantes :

  • Un budget de 400 000 dollars par année sera consacré, pendant cinq ans, au soutien à la création de matériel didactique informatisé. On entend par là aussi bien les didacticiels que le matériel multimédia et les contenus pédagogiques et didactiques élaborés pour l'autoroute de l'information.
  • Le programme d'évaluation de didacticiels est élargi aux autres types de matériel didactique informatisé. Son budget sera de 90 000 dollars par année.
  • Le Ministère invitera les commissions scolaires à considérer les autres possibilités offertes par les TIC (par exemple, le disque optique compact) au moment d'acquérir du matériel didactique destiné aux écoles. Les politiques et les programmes du Ministère en matière de ressources didactiques seront révisés en conséquence.
C. LES COMMUNICATIONS ET L'AUTOROUTE DE L'INFORMATION

Depuis 1990, le Réseau de télématique scolaire québécois (RTSQ) offre des services de messagerie électronique et de babillard électronique; de nombreuses commissions scolaires l'utilisent à des fins pédagogiques. Le réseau comporte aussi une passerelle vers le réseau Internet. Certaines commissions scolaires possèdent d'ailleurs leur site sur Internet.

Le temps est venu de franchir un pas de plus en permettant à toutes les écoles d'exploiter pleinement les ressources de l'autoroute de l'information. Il faut, pour cela, créer les conditions qui rendent naturelle son utilisation par les élèves et le personnel enseignant. Simultanément à la création d'une infrastructure, il est nécessaire d'investir dans l'élaboration et la diffusion de contenus.

Les mesures suivantes contribueront à l'atteinte de ces objectifs :

  • Le Ministère continuera de soutenir le RTSQ, à même un budget annuel de 138 000 dollars.
  • Avec la collaboration du Secrétariat de l'autoroute de l'information et de partenaires du secteur privé, le Ministère s'assurera que toutes les écoles du Québec auront accès à l'autoroute de l'information en 1997, au plus tard.
  • Le Ministère soutiendra la mise en place d'un serveur de l'éducation au Québec, véritable plaque tournante de toute l'information à caractère éducatif. Tout en favorisant les communications directes entre tous les partenaires, le serveur simplifiera la recherche d'information à caractère éducatif sur l'inforoute «globale». Ce serveur deviendra un instrument important de coopération, de communication et de développement pédagogique avec la francophonie, notamment avec les communautés francophones canadiennes et avec la France.
  • Le Ministère soutiendra l'élaboration et la diffusion, par ses partenaires de tous les ordres d'enseignement, de contenus pédagogiques conçus en fonction de l'inforoute. Encore là, des retombées très intéressantes sont prévisibles pour l'ensemble de la francophonie.
D. L'ANIMATION, L'INNOVATION ET LA RECHERCHE

L'animation

Les 31 CEMIS (Centres d'enrichissement en micro-informatique scolaire) régionaux sont des pôles remarquables d'innovation pédagogique, d'animation, de sensibilisation et de perfectionnement du personnel enseignant. Trois autres CEMIS ont des vocations spécialisées : élèves handicapés (CECM), formation professionnelle (CS Saint-Jean sur Richelieu) et éducation des adultes (CS des Patriotes). La CEMISthèque (CS du Lac Saint-Jean) reçoit l'ensemble des productions réalisées par les CEMIS, assure leur mise en forme et les distribue dans le réseau scolaire. Toute cette expertise doit être mise à profit sur l'autoroute de l'information.

Le Ministère adopte donc les mesures suivantes :

  • Les budgets affectés au fonctionnement et à la coordination des CEMIS régionaux et suprarégionaux passeront de 1,8 million à 2,3 millions de dollars par année.
  • À même les fonds affectés à l'acquisition d'équipement informatique, les commissions scolaires qui accueillent un CEMIS régional ou suprarégional, recevront, en 1996-1997, une allocation spéciale de 30 000 dollars pour la modernisation du parc d'équipement de leur CEMIS.
  • Les commissions scolaires, de concert avec les autres partenaires de la région, assumeront un plus grand rôle en matière de planification et de prestation des services rendus par les CEMIS régionaux et suprarégionaux.

L'innovation et la recherche

En matière de TIC, la recherche et l'innovation sont essentielles. De nombreuses commissions scolaires ont déjà réalisé, en collaboration avec le Ministère, des projets innovateurs permettant le transfert de connaissances et d'expertise dans les écoles. D'autres partenaires mènent des projets de recherche sur différentes facettes de l'utilisation des TIC à des fins pédagogiques.

Afin que toute cette activité s'intensifie, le Ministère annonce les mesures suivantes :

  • À même un budget de 300 000 dollars par année, le Ministère soutiendra des projets d'innovation et de développement des commissions scolaires portant, notamment, sur les télécommunications et sur des modèles d'intégration des TIC dans les écoles pour l'enseignement et l'apprentissage.
  • En collaboration avec le Fonds pour la formation de chercheurs et l'aide à la recherche (FCAR) et de concert avec les universités, les partenaires du milieu scolaire et le secteur privé, le Ministère participera à un projet dit d'«action concertée» sur le développement et l'utilisation des TIC à tous les ordres d'enseignement, en insistant particulièrement sur le primaire et le secondaire. La contribution financière du Ministère sera de 3 millions de dollars, versés par tranches croissantes sur cinq ans.
 
© Ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport | © Équipe de réalisation
1035, rue De La Chevrotière, Québec, Québec, G1R 5A5

© Gouvernement du Québec, 2007