PRÉCONGRÈS ET CONGRÈS 4 ARTS
L’art et le multimédia : portrait de nos jeunes
Branchés à Internet, le cellulaire à la main et le baladeur numérique MP3 dans les oreilles, nombreux sont les jeunes du Québec qui aujourd’hui conjuguent la technologie à leur vie avec une aisance parfois désarmante. Pour aller à la rencontre de leurs champs d’intérêt et les ouvrir à d’autres dimensions, les établissements scolaires doivent continuellement s’ajuster. Un défi où l’art a un rôle important à jouer.
Il s’agit de la génération dite « innée ». « Ils grandissent en même temps que le cyberespace et ont une connaissance intuitive de son fonctionnement », explique Moniques Richard, professeure à l’École des arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. Auteure de nombreuses recherches, menées entre autres avec les membres de l’équipe EntrelACE Art, culture, éducation, Mme Richard brossait un portrait des pratiques culturelles des jeunes lors de cette table ronde.
Génération C : pour communiquer, collaborer, créer… et consommer
Les études sur le sujet, dont celles du Centre francophone d’informatisation des organisations (CEFRIO), ne laissent aucun doute : les pratiques des jeunes en rapport avec la technologie sont plurielles et occupent une large part de leur temps. Toutefois, si la jeunesse n’échappe pas à la surconsommation, notamment de techno-objets, les jeunes sont aussi de grands producteurs, faisait savoir Mme Richard.
Certains inventent des jeux vidéo en réseaux; d’autres se créent des avatars ou des accessoires; d’autres encore excellent dans l’art de la combinaison et, par la réutilisation de matériaux tels que des images ou des bandes sonores, créent de nouvelles possibilités. Mais qu’ils consomment ou produisent, les jeunes acquièrent ainsi de nombreuses connaissances et compétences multimédias.
Cependant, les jeunes sont peu critiques de ces pratiques, remarquait la professeure, d’où l’importance du rôle de l’école. « Je crois que l’éducation artistique en milieu scolaire peut aider à aplanir les inégalités culturelles et à mieux comprendre les phénomènes liés à la surmédiatisation. Elle peut aussi tenir compte des pratiques culturelles des jeunes et les réintroduire par le seuil de l’art ».
Pratiques pédagogiques : les jeunes comme modèles
Pour créer ce pont, Mme Richard propose notamment d’utiliser en classe différents types de modèles : les artistes établis certes, mais aussi les élèves. « Ce ne sont pas tous les jeunes qui ont accès aux mêmes ressources et qui savent les utiliser. Il faut les amener à se parler et à partager leurs différentes sous-cultures ».
L’effet multimédia à l’école : point de vue d’un enseignant
Avec ses élèves de la 3e à la 5e secondaire de l’école Saint-Maxime, de la Commission scolaire de Laval, Marc Laforest explore de nouveaux médiums et formes d’art. En arts plastiques ou en cinéma, les jeunes ont à leur disposition des ordinateurs et utilisent les nouvelles technologies au profit de l’art.
Que les élèves soient invités à produire un film, à faire du graphisme ou à travailler des photos, M. Laforest tâche d’élargir leur perception de l’ordinateur : plus qu’un outil de divertissement, il s’agit d’un moyen qui offre de nombreuses possibilités pour la réalisation d’un projet. « C’est lorsqu’on leur montre des logiciels utiles, des sites intéressants ou des programmes que les élèves deviennent outillés ».
« Je crois profondément que l’art est la matière toute désignée pour enseigner comment créer et mettre la machine à profit », expliquait l’enseignant lors de son intervention au précongrès. « La technologie permet à mes élèves de s’inscrire dans un processus de création et les rallie autour d’un objectif commun qui est de faire partager une expérience esthétique au plus grand nombre de personnes possible ». Un partage que facilitent encore davantage les galeries virtuelles…
Comme enseignant, M. Laforest reconnaît qu’il doit sans cesse mettre à jour ses connaissances pour maintenir l’intérêt de ses élèves. « Un de mes rôles consiste à les amener à comprendre que les nouvelles technologies sont là pour nous aider. Elles peuvent nous faire sauver du temps… ou nous le faire perdre. Il ne reste qu’à les aider à faire le bon choix ».
Cette année, après avoir eu la chance de se familiariser avec différents médiums au secondaire, plusieurs de ses anciens élèves poursuivent au collégial des études en graphisme et en court métrage. « Dans le milieu de l’éducation, plus nous offrons de possibilités, plus les élèves risquent de trouver leur intérêt, de découvrir leur talent et de s’épanouir. Et qui dit épanouissement dit réussite et estime de soi », résumait l’enseignant.


