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Projets particuliers de formation en arts :
un tour d’horizon

Danser au secondaire : une chorégraphie d’apprentissages

Marie-Josée Lépine

Le corps est droit, les gestes, coordonnés et le mouvement, fluide. Mais au terme de son parcours dans le projet particulier de formation en danse à l’école secondaire Jean-Raimbault, l’élève maîtrisera bien plus que les techniques du ballet ou du jazz : il ou elle aura appris le dépassement de soi, l’autonomie, le respect. Dorénavant, l’éthique du danseur l’accompagnera toute sa vie durant.

Voilà treize ans que l’école Jean-Raimbault a accepté de relever le défi d’offrir une formation en danse au secondaire, accessible à tous les élèves désirant s’investir dans cette forme d’art. Que les jeunes souhaitent poursuivre la danse au niveau supérieur ou non, le programme s’articule de façon à leur donner tous les outils pour apprendre cette discipline artistique qui peut les accompagner tout au long de leur vie. Qui sait?

Depuis quelques années, les deux classes de danse offertes à chaque niveau, de la 1re à la 5e secondaire, affichent complet et totalisent plus de 200 élèves. Devant la demande grandissante, Mme Cindy Beaubien Couturier, responsable du projet, et les trois autres enseignantes spécialistes tiennent chaque année des entrevues pour les nouveaux admis à l’école, tout en s’assurant de ne pas défavoriser les élèves non initiés.

Quand respect et découverte vont de pair

« Nous utilisons la danse comme un médium pour que l’élève apprenne à se développer en tant qu’individu : il s’agit du noyau central du programme », soutient Mme Jessie Pellerin, spécialiste en danse, qui jusqu’à récemment enseignait au deuxième cycle à cette école. « D’un point de vue scolaire, poursuit l’enseignante, la danse aide les élèves à acquérir une discipline personnelle et un grand niveau d’organisation et d’assiduité ».

Ainsi, dans les cours, l’atmosphère est empreinte de respect. Cette attitude est d’autant plus importante à conserver que l’enseignante privilégie avec ses élèves une technique d’essai-erreur. À ce titre, l’évaluation est, pour les élèves, un incitatif en faveur du dépassement. « Pour moi, constate Mme Pellerin, les corrections sont un cadeau qu’ils reçoivent. Dans mes remarques, je note toujours les points forts et les éléments qu’ils ont à améliorer. »

Selon l’enseignante, assister à des spectacles ou en organiser sont des activités qui fournissent aussi l’occasion d’insister auprès des jeunes sur l’importance qu’ils doivent accorder à un mode de fonctionnement respectueux à l’égard d’eux-mêmes et du groupe.

Danser main dans la main

Chaque année, selon les demandes de la communauté, les occasions sont nombreuses pour les élèves inscrits en danse à cette école secondaire de troquer leur salle de classe pour une salle de spectacle. Ainsi, les écoles primaires de la région accueillent leur tournée, une première chorégraphie est présentée lors d’une soirée-bénéfice pour l’hôpital de la région, une seconde a lieu à l’occasion du gala communautaire de la ville.

Des liens sont d’ailleurs solidement établis entre l’école secondaire et les ressources culturelles de la région. Notamment, en vertu d’une entente qui unit l’école à la Compagnie Danse en équilibre, au Centre culturel de Drummondville ainsi qu’au programme de danse du Cégep de Drummondville et à son atelier de danse, les élèves de danse de l’école Jean-Raimbault peuvent bénéficier d’échanges de locaux et de ressources qui contribuent à enrichir les situations d’apprentissage et d’évaluation.

Ces échanges sont aussi à l’origine d’une forme de continuité dans l’articulation du programme de danse au secondaire par rapport à celui du collégial. Au secondaire, le programme est largement axé sur l’interprétation, principalement sur le ballet classique et le jazz moderne. « Notre façon de faire de la danse est liée à celle du programme du Cégep de Drummondville. Ainsi, si un ou une élève décide de poursuivre ses études en danse, la continuité sera facilitée », explique Mme Pellerin.

Formation : destination monde

Le deuxième cycle marquera pour certains jeunes un moment important de leur apprentissage de la danse. En plus de la formation suivie dans le cadre scolaire et du perfectionnement acquis à des cours du midi ou du soir, ils auront l’occasion d’aller à la rencontre de la danse sous d’autres latitudes. En Europe, à Ottawa ou à New York, les élèves, accompagnés de leurs enseignantes, vont chercher ressourcement et formation en assistant à des spectacles et à des ateliers donnés par des professionnels.

En 1re secondaire, les élèves entament leur journal de bord pour n’écrire le mot « fin » que cinq années plus tard. Ce précieux document les accompagnera tout au long de leur formation. Au-delà des appréciations de spectacles ou des traces des situations d’apprentissage et d’évaluation réalisées en classe, une section plus personnelle, qui ne fait l’objet d’aucune évaluation, leur permet à tout moment de laisser aller leurs émotions ou leurs états d’âme. Cette section est prisée par les élèves et constitue très certainement, au terme de leur cheminement, un peu de la mémoire de leurs apprentissages à l’école Jean-Raimbault.

Spectacle de fin d’année à guichet fermé

250 élèves dans les coulisses, 1000 personnes dans la salle, des éclairagistes et des électriciens professionnels, 3 enseignantes et d’anciens élèves qui veillent au grain. Pour le personnel de l’école et les proches des élèves, c’est le moment d’applaudir les interprètes. Pour les élèves, c’est le moment de mettre en pratique tout ce qu’ils ont appris : leurs chorégraphies certes, mais aussi toute la discipline, l’éthique et l’autonomie qu’ils ont acquises depuis leur première année en danse.

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