Français, langue d’enseignement
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Sylvain Bérubé (enseignant) :
Depuis quelques années, on avait un projet qu’on vivait avec les élèves, qui portait sur la thématique des changements climatiques, avec des textes surtout informatifs, explicatifs, etc. Donc, les élèves avaient à lire ce genre de textes-là et souvent à produire des textes qui ressemblaient ou qui reprenaient un peu l’essentiel de ces informations-là, à leur façon à eux, mais toujours en restant dans un cadre plutôt informatif.
Évidemment, au cours de ce travail, on a visé à intégrer des technologies. Pour ce faire, on a utilisé, entre autres, un truc qui s’appelle EtherPad, mais qui a été adapté, parce que le code source était gratuit. Le RECIT a implanté ça sur un serveur et le projet a servi un peu d’expérience, en quelque sorte, pour tester les capacités d’un serveur. Quand trente élèves se connectent en même temps, tout ça... un moment donné, on a vu se construire une espèce de mosaïque littéraire de la part des élèves qui pratiquaient l’écriture collaborative avec l’outil EtherPad. Ces élèves ont appris à composer, à coconstruire ensemble des textes.
Ariane, quand elle est venue nous rendre visite, elle incarnait un peu différents repères culturels, et elle a en aussi intégrés beaucoup à sa création.
Ariane (en classe) :
Aujourd’hui, je vais vous raconter une histoire qui a été écrite spécialement pour l’évènement.
Sylvain :
On a, je dirais, revisité un peu le conte, qui est souvent abordé mais de façon moins directe avec l’élève.
Élève 1 :
On a vécu les mots qui ont une grande puissance avec l’arrivée d'Ariane Labonté. C’est vraiment ça, je pense, qui nous a aidés à faire tout le projet. Ça nous a donné une nouvelle façon d’approcher le sujet des changements climatiques, entre autres avec ses idées.
Ariane (en classe) :
Approchez, approchez, venez voir les cracheurs de feu, les charmants cracheurs de feu. Approchez, approchez, que le cirque commence!
Sylvain :
Un texte informatif va s’adresser à la tête de l’individu et Ariane, elle, a su toucher le cœur des élèves et on sentait... l’atmosphère était palpable quand elle est venue rencontrer les élèves. On avait une transformation qui s’opérait sous nos yeux et qui passait justement par les sentiments, par les tripes et ça, ça valait, ça valait des millions, juste ça.
Ariane (en classe) :
Regardez moi... Je ferai disparaître votre sens critique!
Ariane (en entrevue) :
Pour moi, c’était un cadeau de travailler sur les changements climatiques, parce que c’est absolument important, en ce moment, à mon sens, de prendre conscience qu’on est acteur de changement, qu’on peut faire en sorte, dans la société, de changer les choses. L’humain est moteur de changement et acteur de changement, quand il ose la métamorphose. Je trouve ça toujours intéressant de stimuler les jeunes, de leur faire découvrir la culture d’un autre angle, de leur faire découvrir des informations aussi dans un angle artistique, dans un angle culturel.
Ariane (en classe) :
... que les bœufs puissent brouter, puis brouter, puis finir... (croc!) dans nos estomacs.
Ariane (en entrevue) :
Je travaille avec les jeux de mots. J’utilise le cirque pour faire une métaphore de la société de consommation. Ce qui est important pour moi, c'est qu'ils soient conscients d’une problématique, mais qu'ils aient aussi envie de rigoler, d’être heureux, de recevoir le conte comme un cadeau aussi, une ode à la terre, puis une ode à l’humain aussi, parce que l’humain n’est pas que destructeur, l’humain est créatif. (Applaudissements en classe par les élèves).
Elève 2 :
Ce que j’ai aimé dans le fait qu’un artiste vienne en classe, c'est que c’était différent et ça nous a donné d’autres idées.
Elève 3 :
Quand Ariane est venue, en fait, elle nous a un peu guidés dans l’utilisation des mots, de la langue et la façon de formuler nos phrases.
Elève 4 :
Les mots, ça peut sensibiliser, ça a un grand impact quand ils sont bien choisis.
Sylvain (en classe) :
On a observé différentes figures de style. Donc des périphrases, des métaphores, des jeux de mots aussi. Parce que dans beaucoup de contes qu’on a lus, il y a des jeux qui sont faits avec les mots, on joue avec les mots pour sortir différentes significations et pour avoir aussi un certain effet. On a remarqué qu'Ariane joue beaucoup, beaucoup avec les mots et avec les sonorités aussi des mots.
Élève 5 :
Le produit final de notre travail, c’est une présentation multimédia sur le site Web Prezi, qui regroupe tous les travaux qu’on a faits, du début du projet jusqu’à la fin.
Élève 1 :
Avec le Prezi, on a fait un diaporama plus élaboré où on pouvait mettre plus nos idées et faire plus de changements, plus professionnels et esthétiques. Ça s’appelait Priori-Terre. Dans le fond, ça regroupait tout ce qu’on avait fait sur EtherPad. On avait les recettes, les slogans, aussi les textes qu’on avait eu droit d’écrire, comme des horoscopes, un article de journal. Tout ce qu’on avait fait en se basant sur la question, les dix mots, pour tout développer encore sur les changements climatiques et l’environnement.
Élève 4 :
J’ai vraiment beaucoup aimé le fait qu’on puisse travailler tous en même temps, parce que comme ça, on pouvait tous améliorer les textes des autres. J’ai trouvé que c’était un bel outil technologique pour notre projet.
Extrait d'une chanson composée par Ariane et chantée par tous en classe : ...en chantant...
pour qu'on ose la métamorphose
ça prend plus qu’une révolution
ça prend de véritables résolutions (applaudissements et cris).
Sylvain :
Ce projet là a beaucoup apporté aux élèves et à moi-même aussi. Ils ont non seulement réalisé une espèce de mosaïque littéraire, mais ils en sont devenus partie prenante, aussi. Même pour EtherPad, qui était nouveau pour tous, pour Prezi qui était nouveau pour la plupart aussi, il y a eu une maîtrise d’outils qui est arrivée très rapidement. Mais par contre, le prof a toujours un rôle essentiel à jouer. Quand je dis le prof, je parle aussi d’Ariane qui est venue, je parle de tous les intervenants dans ce dossier-là. Mais, on a encore un rôle à jouer sur le plan du contenu, alors eux maîtrisent facilement le contenant, mais pour l’élaboration du contenu, il y a comme une étincelle de départ qu’on peut donner.
