Chicago L’école montréalaise, le séminaire
Un système scolaire complètement renouvelé

 Claudine St-Germain

Mises à pied massives, écoles placées en probation, fin du programme de promotion sociale pour les élèves qui échouent… À Chicago, on a pris des mesures draconiennes pour transformer de fond en comble le système scolaire de la ville.

   

Depuis des années, ce système scolaire était considéré comme un des pires aux États-Unis. Les problèmes de financement étaient récurrents, des grèves de personnel survenaient chaque année et les élèves obtenaient des résultats bien inférieurs à la moyenne nationale.

Or, les besoins étaient particulièrement criants. Dans les écoles publiques de la ville, plus de 90 p. cent des élèves appartiennent aux minorités visibles et 84,5 p. cent vivent dans des foyers à faibles revenus. « À Chicago, les mesures visant les clientèles défavorisées doivent en fait viser tous nos étudiants », dit Philip J. Hansen, Chief Accountability Officer (directeur du bureau de l’« Imputabilité ») du Chicago Public Schools.

En 1995, l’État de l’Illinois confia la responsabilité du système scolaire à la Ville de Chicago, qui entreprit immédiatement une vigoureuse réforme. Toutes les structures existantes furent éliminées pour en créer de nouvelles. Les 3000 cadres du bureau central furent mis à pied et durent refaire une demande d’emploi pour retrouver un poste.

Parmi les nouvelles structures mises en place figure le bureau d’« imputabilité », chargé d’évaluer la performance des écoles. C’est ce bureau qui se penche sur le cas des écoles ne réussissant pas à améliorer les résultats de leurs élèves. Diverses mesures peuvent être prises, dont : la remédiation (création d’un comité pour aider l’école à se doter d’un plan de redressement); la mise en probation (l’école a un an pour faire remonter sa performance, avec l’aide de spécialistes externes, sous peine de mesures plus sévères); et la reconstitution (fermeture de l’école en juin et réouverture en septembre avec un nouveau personnel).

Le système scolaire a également mis en place plusieurs programmes pour venir en aide aux élèves éprouvant des difficultés scolaires importantes. Dans le programme « Lighthouse », les élèves passent deux heures de plus en classe chaque jour, avec un tutorat spécifique à leurs besoins. Le principe de la promotion sociale a été abandonné : en troisième, sixième et huitième année, si l’élève n’atteint pas les résultats requis, il ou elle doit participer au « Summer Bridge », programme de six semaines offert pendant l’été qui lui donnera la chance de rattraper ses retards scolaires. S’il ou elle réussit, il ou elle passe au niveau suivant; sinon il ou elle recommence son année scolaire.

Certaines de ces mesures ont été très controversées, mais selon Philip J. Hansen, elles ont donné des résultats. Depuis 1995, les résultats scolaires sont en hausse et les taux de décrochage et d’absentéisme ont baissé. « Nous ne disons pas que notre succès est total; nous sommes contents de ce que nous avons accompli jusqu’à présent, mais il reste encore beaucoup à faire », conclut-il.

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